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Le pommier 'Usta Churria' est une ancienne variété basque, aussi connue sous les noms Anixa ou Udarre Sagarra, appréciée pour ses pommes très juteuses au subtil parfum d’anis. Greffé en tige, cet arbre caduc atteint environ 4 à 6 m de haut et résiste autour de −20 °C, tout en supportant bien les climats de montagne et les hivers humides. Sa floraison très tardive, entre fin avril et début mai, échappe aux gelées, puis offre une récolte de fin août à mi‑septembre. Facile à conduire en verger naturel, peu sensible aux maladies, il convient à ceux qui veulent des fruits de caractère sans traitements intensifs. Vous profitez ainsi chaque fin d’été de pommes basques anisées, à croquer ou à cuisiner.
Cette variété, commercialisée autrefois sur les marchés de Bayonne et de Biarritz sous le nom de « Rosalie », appartient au groupe basque des « Apez Sagarra », les fameuses « pommes de curé ». Sous le nom local 'Usta Churria', elle correspond aux clones décrits comme Anixa / Anisha Udarre Sagarra : une pomme rustique, très aromatique, aujourd’hui sauvegardée par les vergers conservatoires et plusieurs pépinières spécialisées.
L’arbre présente un port naturellement érigé puis assez ouvert, bien ramifié, avec une mise à fruit précoce sur lambourdes et brindilles. En tige sur porte-greffe de vigueur moyenne à forte (type MM106 ou franc), il forme à maturité un arbre de 4 à 6 m de hauteur pour 3 à 4 m d’envergure, adapté aux vergers familiaux de plein vent comme aux vergers de montagne.
Le feuillage, caduc, vert moyen, jaunit en automne avant la chute. La floraison, très marquée par sa tardiveté, apparaît en fin avril ou tout début mai : les boutons rose foncé s’ouvrent en fleurs blanc rosé légèrement parfumées, très appréciées des pollinisateurs. Cette floraison très tardive est l’un des grands atouts de la variété dans les zones sujettes aux gelées printanières.
Les fruits, de calibre petit à moyen et de forme conique ventrue rappelant une petite poire, présentent une peau rugueuse fortement russetée, brun‑ocre sur fond jaune, maculée et striée de rouge pourpre sur la face ensoleillée. La chair blanche, parfois veinée de rose, est extrêmement tendre, très juteuse, sucrée, bien acidulée et marquée par un arôme d’anis qui distingue nettement 'Usta Churria' de la plupart des autres pommiers.
Les pommes d’'Usta Churria' se distinguent d’abord par leur aspect : des fruits coniques, légèrement tronconiques, de calibre moyen à petit, à épiderme fortement liégeux de teinte brun‑ocre laissant apparaître un fond jaune. Sur la face exposée au soleil, la peau se couvre d’un rouge pourpre strié, plus marqué en bordure de couronne. Ce contraste rustique fait tout le charme de la variété dans l’arbre comme dans le panier.
La chair est blanche, parfois légèrement veinée de rose, extrêmement tendre et gorgée de jus. Elle offre un équilibre marqué entre sucre et acidité, avec une acidité malique élevée et un taux de sucres d’environ 13–14 °Brix, ce qui donne un goût franc, rafraîchissant. Une légère amertume de peau et un arôme d’anis très net complètent ce profil aromatique original : c’est une véritable pomme d’amateur de saveurs typées.
La floraison étant très tardive, les fruits se récoltent de fin août à mi‑septembre selon la région : plutôt fin août et tout début septembre en vallée de Garonne ou en Landes, plutôt autour de la troisième semaine de septembre au Pays basque ou en altitude. La maturité de consommation s’étale de mi à fin septembre ; les fruits bien mûrs évoluent vite et commencent à blettir par l’œil s’ils restent trop longtemps sur l’arbre ou en fruitier.
La conservation est courte : en local frais et aéré, on compte au mieux un à deux mois. 'Usta Churria' se destine donc en priorité aux consommations de fin d’été et de tout début d’automne, en privilégiant des cueillettes échelonnées et des fruits cueillis juste mûrs plutôt que surmûrs.
En usage, la variété est très polyvalente. C’est une excellente pomme à couteau, fondante et très juteuse, appréciée telle quelle ou en quartiers dans les salades de fruits. Sa richesse en acidité et en arômes en fait aussi une très bonne pomme à pâtisserie : tartes fines, gâteaux aux pommes, clafoutis, pommes au four ou en feuilletés, où sa chair reste fondante sans se déliter complètement. Enfin, 'Usta Churria' fait partie des variétés historiques de cidre précoce du Pays basque : on peut l’intégrer en faible proportion dans les assemblages maison pour apporter acidité, fraicheur et notes anisées.
La production est bonne mais souvent alternante : l’arbre tend à charger très fort une année, puis à se reposer l’année suivante. Un éclaircissage rigoureux des bouquets de fruits (laisser un ou deux fruits par inflorescence après la chute physiologique) permet d’améliorer la taille des pommes et de limiter cette alternance.
'Usta Churria' correspond aux clones décrits sous les noms Anixa / Anisha – Udarre Sagarra – Rosalie au sein des collections du Conservatoire Végétal Régional d’Aquitaine et des réseaux pomologiques franco‑espagnols. La variété est citée comme l’une des meilleures « Apez Sagarra », les « pommes de curé », sélectionnées village par village pour la qualité de leurs fruits.
Commercialisée jusqu’aux années 1960 sur les halles de Bayonne et de Biarritz sous le nom de Rosalie ou Rosalia, elle a ensuite fortement régressé avant d’être recherchée et rediffusée par les vergers conservatoires et plusieurs pépiniéristes engagés dans la sauvegarde des variétés locales. Les études génétiques récentes montrent qu’Anisha / Udarre Sagarra descend notamment d’une variété basque nommée Peaxa (ou Beltza en Espagne) et qu’elle a elle‑même donné quelques descendants régionaux.
Les essais sanitaires menés en laboratoire et en vergers expérimentaux confirment une très faible sensibilité à la tavelure et une bonne résistance naturelle à plusieurs bioagresseurs, au point que la variété est régulièrement citée parmi les « pommes d’anis » recommandées pour les vergers conduits sans traitement, y compris en montagne. C’est cette combinaison d’histoire locale forte, de rusticité et de saveur singulière qui vaut aujourd’hui à 'Usta Churria' de retrouver une place dans les vergers amateurs.
La plantation d’un pommier en racines nues se fait de préférence de novembre à mars, hors périodes de sol gelé ou détrempé. Choisissez un emplacement bien ensoleillé, à l’abri des vents dominants trop violents, dans un sol profond (au moins 50–60 cm), frais mais non asphyxiant. Les terres limono‑argileuses ou limoneuses bien structurées lui conviennent parfaitement ; les sols très légers seront enrichis en compost et paillés pour conserver l’humidité.
Ouvrez un trou d’environ 80 cm de diamètre sur 50–60 cm de profondeur. Ameublissez bien le fond et les parois, puis mélangez la terre extraite avec 20–30 % de compost mûr ou de fumier bien décomposé. Plantez le tuteur avant l’arbre, du côté du vent dominant. Avant la mise en place, pralinez les racines (trempage dans une boue de terre et de compost) et répartissez‑les soigneusement sur une petite butte de terre meuble au fond du trou.
Positionnez le point de greffe quelques centimètres au‑dessus du niveau du sol fini, rebouchez en tassant progressivement, puis arrosez copieusement (15–20 litres d’eau). Formez une cuvette d’arrosage et paillez largement le pied sur 5 à 10 cm d’épaisseur, en laissant quelques centimètres dégagés autour du tronc. En verger, espacez les tiges de 4 à 5 m en tous sens pour laisser à 'Usta Churria' la place de former une belle couronne.
Les sujets vendus en tige, greffés sur porte-greffes de vigueur moyenne à forte, sont destinés à la pleine terre. La culture en bac durable n’est envisageable que sur porte-greffe très nanifiant (type M9) et dans un grand contenant (au moins 50 à 80 litres), avec un substrat riche mais très drainant et des arrosages suivis. Pour un verger en pots, mieux vaut se tourner vers des variétés spécifiquement proposées sur porte-greffes nains.
Oui, comme tous les pommiers de verger, 'Usta Churria' gagne à être taillé chaque année pour équilibrer le bois et les fruits, limiter l’alternance et maintenir l’arbre accessible. On pratique une taille de formation les premières années (gobelet ou axe avec 3–4 charpentières), puis une taille d’entretien hivernale légère complétée par une taille en vert en été.
Le pommier fructifie sur lambourdes, dards et brindilles couronnées. En fin d’hiver (février‑mars en climat doux), éliminez le bois mort, les branches qui se croisent, les gourmands très verticaux et réduisez les prolongements trop vigoureux en favorisant les rameaux porteurs de boutons à fleurs. Sur 'Usta Churria', qui a tendance à charger, il est utile de raccourcir légèrement les prolongements pour encourager la formation de nouvelles lambourdes.
En cours de saison (juin‑juillet), une taille en vert consiste à pincer les pousses trop longues, à supprimer les gourmands resurgis et, surtout, à éclaircir les bouquets de fruits en ne laissant qu’un fruit, deux au maximum, par inflorescence après la chute physiologique. Cet éclaircissage est un geste clé pour obtenir des pommes plus grosses, mieux colorées et pour réduire l’alternance de production.
Les deux à trois premières années, arrosez régulièrement en période sèche : un arrosage copieux (20–30 litres) tous les 7 à 10 jours en été, complété par un paillage épais, suffit en climat tempéré. Une fois bien enraciné, un pommier de pleine terre n’a besoin d’eau supplémentaire qu’en cas de sécheresse prolongée ou de canicule, où deux arrosages hebdomadaires profonds peuvent être nécessaires.
Côté fertilisation, apportez au printemps (mars‑avril) une à deux pelletées de compost mûr ou de fumier bien décomposé sur la zone de projection de la couronne, sans toucher le tronc, puis complétez si besoin par un engrais organique « arbres fruitiers » faiblement azoté. Évitez les apports excessifs d’azote qui favorisent le bois au détriment des fleurs et augmentent la sensibilité aux maladies.
'Usta Churria' est réputé très rustique et peu sensible à la plupart des maladies courantes du pommier. Les essais en serre et en verger montrent une résistance élevée à la tavelure, avec peu ou pas de sporulation, et la variété est aussi citée comme peu attaquée par le carpocapse et l’oïdium dans les vergers non traités. Cela en fait un excellent choix pour un verger familial conduit en bio ou en bas‑intrants.
Le principal point de vigilance concerne la moniliose des fruits en fin d’été humide : des étés très pluvieux peuvent entraîner la pourriture de quelques pommes sur l’arbre. Une bonne aération de la couronne par la taille, l’éclaircissage des bouquets et la suppression rapide des fruits atteints limitent fortement le problème. Un paillage aéré et l’absence d’herbe collée au tronc réduisent aussi les risques de maladies du collet.
Grâce à sa floraison très tardive, à sa rusticité et à sa bonne résistance naturelle aux maladies, le pommier 'Usta Churria' trouve naturellement sa place dans les vergers familiaux sans traitement, les vergers de piémont et de moyenne montagne ou les jardins de climat océanique humide. En tige, il s’intègre bien en arbre isolé en lisière de potager, en verger‑prairie ou en petit alignement le long d’une clôture.
On peut également l’inclure dans une haie fruitière libre, en l’associant à d’autres pommiers de floraisons complémentaires pour assurer la pollinisation et échelonner les récoltes. Pour explorer d’autres variétés à marier avec lui, parcourez la sélection de pommiers proposée par Ma Pépinière.
Dans un verger de collection, 'Usta Churria' accompagne bien d’autres variétés de terroir à floraison tardive. Vous pouvez par exemple l’associer à une vieille reinette de garde comme la Reinette Clochard, à une variété plus acidulée et de cuisson comme Belle de Boskoop, ou encore à une pomme d’hiver locale pour prolonger les récoltes jusqu’à la fin de l’automne. Autour de son pied, installez des aromatiques mellifères (thym, origan, phacélie en engrais vert) qui attirent les pollinisateurs et limitent la concurrence des herbes indésirables.
Choisissez 'Usta Churria' si vous recherchez une pomme de fin d’été très parfumée, sucrée et bien acidulée, à chair tendre et très juteuse, avec une touche anisée et une floraison tardive adaptée aux zones gélives ou d’altitude. C’est une excellente candidate pour un verger familial sans traitement, où l’on privilégie la diversité des goûts plus que la longue conservation.
Si vous souhaitez surtout une grosse pomme de cuisson très acidulée et de longue garde, tournez‑vous plutôt vers un pommier 'Belle de Boskoop', qui se conserve jusqu’en hiver et tient très bien à la cuisson. Pour une variété de terroir française de pleine saison, robuste et plus tardive, aux fruits fermes et bien conservables, la Reinette Clochard complètera utilement 'Usta Churria' au sein du même verger.
Pommier 'Usta churia' résiste jusqu’à −20 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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