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Le Pommier 'Perasse de Nay' est une ancienne variété béarnaise du groupe des « perasses », réputée pour ses grosses pommes rustiques à peau rugueuse vert brun et à chair crème croquante et parfumée. Arbre vigoureux au port légèrement retombant, il forme en quelques années un beau sujet de plein vent d’environ 4 à 6 m de haut, parfaitement rustique jusqu’à −25 °C. Sa floraison blanche, précoce, apparaît entre fin mars et début avril, pour une récolte de début octobre à consommer jusqu’en décembre. Idéal pour un verger familial ou un grand jardin, il demande un entretien classique de pommier et offre en retour des fruits de caractère, excellents à croquer et en jus.
Originaire du Béarn et plus largement des contreforts pyrénéens, le Perasse de Nay appartient à une grande population de pommes locales appelées « perasse » ou « peaxa », historiquement cultivées dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Ce nom signifie « pomme-poire » et renvoie à la forme reinette un peu allongée et à la texture particulière de ces fruits. Cette sélection de Nay s’est imposée pour son gros calibre et la qualité de sa chair.
L’arbre montre une forte vigueur et une très grande fertilité. En verger traditionnel sur porte-greffe franc ou demi-vigoureux, il atteint en général 4 à 6 m de hauteur pour 3 à 4 m d’envergure. Ses charpentières s’arquent avec le poids des fruits et lui donnent un port naturellement étalé, légèrement retombant, bien adapté aux formes libres de plein vent ou de haute tige. Le feuillage est caduc, vert moyen, aux feuilles crénelées et souvent un peu gondolées, participant au caractère rustique de la variété.
Au printemps, entre fin mars et début avril selon le climat, la floraison précoce couvre l’arbre de fleurs simples blanches, décoratives et mellifères. Elles donnent naissance à de gros fruits tronconiques, un peu globuleux, à épiderme rugueux vert devenant marron roux clair, parfois marqué de nuances pourprées. La récolte se fait au début d’octobre et les fruits se conservent en général jusqu’en décembre dans un local frais et aéré : c’est donc une pomme d’automne, plus faite pour être partagée et transformée que pour dormir tout l’hiver dans le fruitier.
Les pommes du Perasse de Nay sont l’un de ses grands atouts. De gros calibre, tronconiques et un peu globuleuses, elles portent une peau épaisse et rugueuse, vert à marron roux clair, parfois animée de touches pourprées côté soleil. Cette forte roussissure leur donne un aspect très rustique, apprécié des amateurs de variétés anciennes. La chair est de couleur crème, croquante à la récolte, puis devient légèrement fondante en cours d’affinage tout en restant juteuse.
En bouche, on retrouve un profil de reinette : parfum marqué, arômes complexes, un bon équilibre entre sucre et acidité, sans amertume dominante. Ce caractère explique que la variété ait été recherchée à la fois comme pomme de table et pour la transformation. Les fruits sont agréables à croquer dès la récolte, quand la chair est bien croquante, puis gagnent en fondu et en complexité aromatique après quelques semaines en fruitier.
La récolte se fait en général au début du mois d’octobre, dès que les fruits se détachent facilement en les soulevant légèrement et que l’épiderme a pris sa teinte brun roux caractéristique. La période de consommation s’étend ensuite jusqu’en décembre dans de bonnes conditions de stockage (local frais, sombre, bien ventilé, sans gel). Au-delà, les fruits ont tendance à se rider et à perdre leur croquant : mieux vaut donc les consommer ou les transformer avant l’hiver profond.
Côté usages, le Perasse de Nay donne de très bonnes pommes à couteau d’automne, mais excelle aussi en jus grâce à sa chair juteuse et parfumée. Mélangée à d’autres variétés, elle participe avantageusement aux cidres fermiers en apportant structure, acidité et arômes. En cuisine, la chair, croquante puis légèrement fondante, convient bien aux compotes, crumbles et tartes où l’on souhaite garder un peu de texture, à condition de ne pas cuire à l’excès.
Comme la plupart des pommiers, cette variété n’est pas autofertile : pour obtenir une bonne fructification, plantez-la avec au moins une autre variété compatible à floraison précoce ou de mi-saison (par exemple des reinettes anciennes) dans un rayon de 20 à 30 m. En verger amateur, deux ou trois pommiers à floraisons voisines suffisent généralement, les abeilles assurant le reste du travail.
Le Perasse de Nay fait partie d’une vaste population de pommes paysannes des Pyrénées, regroupées sous le nom de « perasse » ou « peaxa », présentes dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Ces variétés étaient autrefois largement cultivées en prés-vergers et vergers de coteaux, à la fois pour la table, le jus et le cidre. Dans cette population, plusieurs types ont été distingués et conservés : Perasse de Gan, Perasse jaune, Perasse du Béarn… et bien sûr Perasse de Nay.
Historiquement, ces pommes ont été commercialisées sur les marchés locaux et ont même fait l’objet d’exportations vers l’Angleterre au début du XXᵉ siècle. Leur bonne aptitude au transport, grâce à une peau épaisse et rustique, expliquait en partie ce succès. Aujourd’hui, le Perasse de Nay est présent dans plusieurs vergers conservatoires et figure parmi les variétés reconnues dans les dispositifs de préservation des ressources génétiques fruitières régionales. Le maintien de cette variété au jardin contribue donc aussi à la sauvegarde du patrimoine fruitier pyrénéen.
La plantation d’un Perasse de Nay en racines nues se pratique de préférence de novembre à mars, hors périodes de gel et de sols détrempés. Choisissez un emplacement bien ensoleillé, à l’abri des vents dominants les plus violents, dans un sol profond (au moins 50 à 60 cm), fertile et bien drainé. Évitez les terres très compactes ou saturées en hiver, qui favorisent les maladies de collet et les chancres.
Ouvrez un trou large (60 à 80 cm de diamètre) et profond, en ameublissant bien les parois. Mélangez la terre extraite avec du compost mûr ou du fumier très bien décomposé, sans mettre d’engrais minéral en contact direct avec les racines. Placez l’arbre de manière à ce que le point de greffe reste nettement au-dessus du niveau du sol, étalez les racines, rebouchez en tassant progressivement, puis formez une cuvette d’arrosage. Un tuteur solide, placé face aux vents dominants et lié souplement au tronc, sécurise la reprise les premières années.
Arrosez copieusement à la plantation (15 à 20 litres d’eau) puis maintenez le sol frais la première saison, surtout en cas d’hiver sec ou de printemps venteux. En forme libre ou en demi-tige sur porte-greffe demi-vigoureux, prévoyez 4 à 5 m entre deux pommiers. Sur franc très vigoureux en haute tige, comptez plutôt 7 à 8 m afin de laisser à la cime la place de se développer et de bien ensoleiller les fruits. En raison de sa vigueur, ce pommier se cultive surtout en pleine terre, un grand contenant ne convenant que de façon transitoire.
Oui, comme tous les pommiers de vigueur soutenue, le Perasse de Nay gagne à être taillé régulièrement pour équilibrer sa charpente et maintenir une bonne fructification. Une taille douce, annuelle, au repos végétatif, suffit généralement : on éclaircit le centre de l’arbre, on supprime le bois mort, les branches qui se croisent et les prolongements trop verticaux, tout en conservant un maximum de coursonnes courtes.
Le Perasse de Nay fructifie principalement sur le bois de 2 ans et plus, sous forme de lambourdes et de brindilles couronnées. La taille de fructification, effectuée de la chute des feuilles à la fin de l’hiver (hors fortes gelées), vise à renouveler ces coursonnes sans les épuiser : on raccourcit modérément les prolongements trop vigoureux, on supprime certaines coursonnes âgées ou encombrantes au profit de jeunes dards bien placés, et l’on élimine la majorité des gourmands verticaux.
En été, une légère taille en vert peut consister à pincer ou à supprimer des gourmands très vigoureux qui ombragent les fruits, sans entrer dans des tailles sévères qui stimuleraient au contraire la poussée de bois. Sur les jeunes arbres, il est conseillé de limiter la fructification les deux ou trois premières années (éclaircissage drastique des fruits) pour privilégier l’ancrage et la formation de la charpente. Dans une haie fruitière libre ou un alignement, limitez-vous à une taille d’éclaircie en laissant l’arbre garder son port naturel.
Les deux premières années, un arrosage régulier en périodes sèches est indispensable : comptez un arrosage profond tous les 7 à 10 jours en sol ordinaire, en apportant 15 à 20 litres d’eau à chaque fois sous le pourtour de la ramure. Une fois bien enraciné, le pommier devient assez autonome, mais un arrosage ponctuel en été, lors des fortes chaleurs et en phase de grossissement des fruits, sécurise le calibre et limite les chutes prématurées.
Un apport annuel de compost mûr ou de fumier très bien décomposé, épandu en couronne autour de l’aplomb des branches en fin d’hiver ou au début du printemps, entretient la fertilité du sol. Évitez les apports massifs d’azote minéral, qui favorisent le bois au détriment des fruits et peuvent rendre l’arbre plus sensible à certaines maladies. Un paillage organique (broyat, paille, feuilles mortes) maintient l’humidité, limite les herbes concurrentes et améliore progressivement la structure du sol.
Le Perasse de Nay est globalement rustique mais, comme beaucoup de variétés anciennes, il peut se montrer sensible à certaines maladies des fruits. Les travaux de conservation signalent en particulier une sensibilité aux monilioses sur fruits (pourriture brune) et aux attaques de carpocapse (ver de la pomme). Une bonne aération de la ramure, le ramassage des fruits momifiés et l’installation de pièges à phéromones pour le carpocapse sont des mesures préventives simples.
Les maladies foliaires classiques du pommier (tavelure, oïdium) peuvent également apparaître en années humides ou en situation peu ventilée. Un enherbement maîtrisé, des apports réguliers de matière organique et une taille raisonnable favorisent un feuillage sain. En verger familial conduit sans traitements systématiques, l’objectif est moins la perfection esthétique des fruits que la régularité de la production et la vitalité de l’arbre.
Par sa vigueur et son port naturellement étalé, le Perasse de Nay trouve toute sa place dans un verger familial de plein vent, un pré-verger ou en isolé dans un grand jardin. C’est un excellent choix pour qui souhaite cultiver une variété régionale à forte identité, offrant une belle floraison printanière et une récolte généreuse de pommes d’automne. Il s’associe bien à des prairies fleuries fauchées tardivement, des haies champêtres et des pâtures légères.
Ce pommier se prête aux formes libres (gobelet, demi-tige, haute tige) plutôt qu’aux palmettes serrées. Dans les régions de climat doux à tempéré, notamment dans le Sud-Ouest et les piémonts, il exprime pleinement son potentiel ; plus au nord ou en altitude modérée, il apprécie les expositions bien ensoleillées et abritées. Pour diversifier les saveurs et les périodes de consommation, intégrez-le dans un ensemble d’autres pommier anciens ou récents.
Dans un verger, mariez le Perasse de Nay à des pommiers de garde comme le Pommier 'Reinette Clochard', qui prend le relais pour la consommation de décembre à avril. Associez-le aussi à des variétés plus acidulées et très adaptées à la cuisson, telles que 'Belle de Boskoop', afin de disposer à la fois de pommes à croquer, à jus et à pâtisserie.
Au pied des pommiers, des vivaces couvre-sol peu concurrentes (fraisiers des bois, bugles, achillées) ou des engrais verts temporaires améliorent la structure du sol et accueillent de nombreux auxiliaires. Évitez en revanche les arbustes très vigoureux ou les plantes fortement gourmandes en eau à proximité immédiate du tronc, qui concurrenceraient les racines superficielles du pommier.
Choisissez le Perasse de Nay si vous recherchez une grande pomme d’automne, rustique, parfumée, à déguster entre la récolte d’octobre et la fin de l’année, tout en profitant d’un arbre vigoureux adapté aux formes libres de plein vent. Cette variété conviendra particulièrement aux vergers familiaux orientés vers les variétés locales et la production de jus ou de cidre maison.
Si vous souhaitez avant tout des pommes de longue conservation jusqu’au printemps, tournez-vous plutôt vers des reinettes de garde comme le pommier 'Reinette Clochard', aux fruits plus tardifs mais se conservant facilement jusqu’en mars-avril. Pour des usages de cuisson intensifs (tartes très acidulées, compotes structurées), des variétés comme 'Belle de Boskoop' offriront une chair plus ferme et une garde hivernale plus longue. Associer plusieurs de ces variétés au Perasse de Nay permet de couvrir une large saison de récolte et de multiplier les usages en cuisine.
Pommier 'Perasse de nay' résiste jusqu’à −25 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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