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Le pommier 'Usta gorria' est une ancienne variété basque très précoce, réputée pour ses gros fruits rouges striés, faciles à cueillir au bon moment. Arbre de vigueur moyenne atteignant environ 3,5 à 5 m de haut pour 3 m d’envergure, il supporte des températures d’au moins −15 °C et se plaît au soleil ou en légère mi-ombre dans un sol profond et frais. Sa floraison tardive en avril limite les dégâts de gel, tandis que sa récolte s’échelonne de fin août à début septembre. Rustique, naturellement peu sensible aux principales maladies du pommier, ce fruitier convient bien aux vergers familiaux peu ou pas traités. Vous profitez ainsi, chaque fin d’été, de pommes juteuses et parfumées à croquer ou à cuisiner.
Originaire du Pays basque et du Béarn, le pommier Usta gorria appartient à l’immense famille des Malus domestica, issue elle-même d’espèces sauvages d’Asie centrale. Cette variété locale très ancienne est décrite dans les vergers traditionnels du Sud-Ouest sous de nombreux noms : Pay Bou, André Maria Sagarra, Calville rouge d’été, Notre-Dame, Marie-Madeleine… Usta gorria est l’un de ses noms basques les plus répandus, et désigne une même population variétale bien identifiée par analyses génétiques.
L’arbre présente une vigueur moyenne, avec un port de type érigé à mi-ouvert. Les charpentières s’allongent puis s’arquent progressivement, portant un feuillage caduc vert foncé assez abondant. Sur porte-greffe franc ou demi-vigoureux (type MM106), il forme à maturité un arbre de 3,5 à 5 m de haut pour environ 3 m de large, bien adapté à la conduite en tige, demi-tige ou gobelet dans un verger familial.
Le feuillage se déploie au printemps après une période de repos hivernal marquée. Les feuilles, de taille variable selon leur position sur la branche, sont généralement allongées et d’un vert soutenu. Cette masse foliaire contribue à bien protéger les fruits du soleil brûlant tout en assurant une bonne activité photosynthétique. L’arbre montre en outre une bonne capacité à garder son centre relativement lumineux, ce qui facilite la taille et limite les maladies.
Ce qui distingue surtout cette variété des pommiers plus classiques, ce sont ses fruits estivaux très caractéristiques : calibre moyen à gros, forme cylindrique fortement côtelée, épiderme d’abord vert printanier puis finement strié de rouge avant de se colorer presque entièrement en pourpre à complète maturité. Leur évolution visuelle très marquée permet de juger d’un coup d’œil du bon moment de cueillette.
Les pommes d’Usta gorria se distinguent d’abord par leur aspect : de calibre moyen à gros, plus hautes que larges, elles sont nettement côtelées sur toute leur hauteur. L’épiderme, d’abord vert printemps, se couvre de stries pâles qui rougissent et s’élargissent à mesure que la maturité approche. À pleine maturité, selon les arbres et les années, le fruit peut devenir presque entièrement rouge pourpré, parfois avec des reflets violacés, ce qui en fait une pomme très décorative sur l’arbre comme en cageot.
La chair est très blanche, parfois délicatement rosée autour du cœur sur certains fruits bien exposés. Elle se révèle tendre, très juteuse, avec une structure plutôt lâche qui devient rapidement farineuse si l’on laisse les pommes trop longtemps sur l’arbre ou en stockage. La saveur est jugée de moyenne à bonne selon les terroirs : peu à moyennement sucrée, rafraîchissante, avec un parfum fruité marqué qui peut évoquer la framboise à surmaturité et, pour certains clones, une légère note anisée.
La récolte est précoce et surtout très échelonnée. Dans les vergers du Sud-Ouest, la cueillette commence en général autour de la fin août et peut se prolonger jusqu’au début de septembre. En climat chaud ou sur des expositions très ensoleillées, les premiers fruits peuvent être mûrs dès la fin juillet, tandis qu’en altitude ou en climat plus frais, la pleine récolte se concentre plutôt autour de la fin août. La variété a tendance à laisser tomber ses fruits précocement en situation chaude ; il est donc conseillé de récolter dès que les stries rouges sont bien marquées sur un fond vert-jaune encore visible, avant que la peau ne devienne entièrement rouge et très brillante.
La conservation est courte : les tests en collection indiquent une tenue d’environ deux semaines en fruitier frais et ventilé, et au mieux quelques semaines supplémentaires dans des conditions optimales. Au-delà, la chair devient farineuse et la peau se couvre d’une pellicule grasse. Usta gorria est donc une vraie pomme d’été, à déguster et transformer rapidement après la récolte plutôt qu’à stocker longtemps.
En bouche, c’est d’abord une excellente pomme à croquer pour la fin de l’été, appréciée pour sa jutosité, son parfum et sa peau fine. Sa chair tendre, qui se défait facilement à la cuisson, en fait également une bonne candidate pour les compotes, crumbles et tartes moelleuses où l’on recherche une texture fondante plus que croquante. Elle donne par ailleurs un jus très aromatique et coloré. En revanche, ce n’est pas une variété de longue garde ni de cuisson « qui tient bien », comme peuvent l’être des pommes d’automne telles que Belle de Boskoop.
La productivité est jugée bonne à très bonne. Selon les clones et la conduite, l’arbre peut toutefois entrer en alternance (années de forte production suivies d’années plus faibles). Un éclaircissage manuel partiel des fruits en années de forte charge permet de régulariser la production et d’obtenir des pommes plus grosses et mieux colorées. La variété porte principalement sur lambourdes et brindilles couronnées bien réparties le long des charpentières.
Côté pollinisation, Usta gorria est autostérile : il ne suffit donc pas à sa propre fécondation. Installez au moins une autre variété de pommier à floraison de même époque à proximité (idéalement à moins de 30–40 m). Des variétés comme le pommier 'Reine des reinettes', Cox’s Orange ou Elstar figurent parmi les pollinisateurs fréquemment recommandés.
Usta gorria est une variété patrimoniale emblématique du Sud-Ouest. Des prospections menées à la fin du XXe siècle montrent qu’elle était présente dans la quasi-totalité des exploitations et jardins des Pyrénées-Atlantiques, des Landes et de la bordure occidentale du Gers, alors qu’elle restait inconnue ailleurs. Chaque ferme en possédait un ou plusieurs sujets, souvent sans nom précis, ou sous des appellations très locales.
Les travaux de conservatoires régionaux ont montré qu’il s’agissait d’une vaste population clonale unique, connue sous de nombreux synonymes : Pay Bou (nom béarnais retenu par l’INRA lors de son introduction en collection dans les années 1950), André Maria Sagarra, Dona Maria Sagarra, Calville rouge d’été, Notre-Dame, Labellie, Marie-Madeleine, Agorila sagarra… Dans certaines zones basques, cette même variété est appelée Usta gorria, appellation aujourd’hui reprise par plusieurs pépinières locales.
Sur le plan génétique, cette pomme d’été est également intéressante : les analyses de parenté la désignent comme un des parents de la variété Estiva, obtenue en 1957 par l’INRA d’Angers à partir du croisement Usta Gorria × McIntosh Red. Usta gorria illustre ainsi le rôle majeur des variétés paysannes du Sud-Ouest dans la création de nouvelles pommes modernes.
La période idéale pour planter ce pommier en racines nues s’étend de novembre à mars, hors périodes de gel et de sols détrempés. Dans les régions à hivers doux et sols bien drainés, privilégiez l’automne (novembre-décembre) pour favoriser l’enracinement avant le printemps. En climat plus froid ou en terrain difficile, une plantation de fin d’hiver (février-mars) reste possible, à condition d’assurer les arrosages de reprise.
Choisissez un emplacement en plein soleil ou en légère mi-ombre, à l’abri des vents dominants trop violents. Le sol doit être profond, meuble et bien drainé ; les terres lourdes et asphyxiantes favorisent les maladies de collet et la sensibilité au gel. Un sol argilo-limoneux ou limono-sableux, enrichi régulièrement en matière organique, lui convient très bien.
Ouvrez un trou de 50 à 60 cm de profondeur et largeur, en émiettant bien la terre extraite. Mélangez la terre de rebouchage avec du compost mûr ou du fumier très décomposé (10 à 20 L par arbre) et, en sol lourd, un peu de matériau drainant (sable grossier, pouzzolane). Placez l’arbre de manière à ce que le point de greffe reste quelques centimètres au-dessus du niveau final du sol. Étalez les racines sur une petite butte de terre fine, rebouchez en tassant légèrement puis formez une cuvette d’arrosage.
Arrosez abondamment (20 à 30 L d’eau) juste après la plantation pour chasser les poches d’air et assurer un bon contact terre/racines. Installez un ou deux tuteurs solides côté vent dominant, attachés au tronc avec un lien souple en forme de 8, au moins pour les 3 à 4 premières années. Terminez par un paillage épais (5 à 10 cm) au pied : broyat de branches, feuilles mortes, paille… en laissant quelques centimètres dégagés autour du tronc.
Pour un verger en pleine terre sur porte-greffe demi-vigoureux (type MM106 ou M7), prévoyez en général 4 à 5 m entre deux arbres sur la ligne, et au moins 4 m entre les rangs. En haie fruitière palissée ou formes plus restreintes, l’espacement peut être réduit à environ 3 à 4 m, en adaptant la taille.
La culture du pommier Usta gorria en pot n’est envisageable que sur un porte-greffe réellement nanifiant (M9, éventuellement M26). Elle nécessite alors un contenant de 40 à 60 L minimum, profond et bien drainé (couche de billes d’argile ou de gravier au fond), rempli d’un mélange de bonne terre de jardin, de compost mûr et de sable grossier. Même ainsi, cette variété naturellement vigoureuse s’épanouit mieux en pleine terre qu’en bac. Les sujets greffés sur franc ou sur MM106 doivent être réservés au jardin.
Oui, ce pommier supporte très bien la taille, indispensable pour maintenir un bon équilibre entre bois et fruits, faciliter la récolte et limiter les maladies. Les premières années, il s’agit surtout d’une taille de formation pour construire une charpente solide (gobelet, tige, palmette…). Ensuite, une taille de fructification légère, régulière, permet de renouveler les coursonnes et de contenir la hauteur.
Le pommier fructifie sur de petits organes courts : dards, lambourdes et brindilles couronnées, portés par du bois de deux ans et plus. La taille de fructification se pratique en hiver, de préférence entre décembre et février, hors périodes de gel. Elle consiste à conserver ces organes porteurs de bourgeons à fleurs, à raccourcir les pousses trop vigoureuses et à supprimer le bois malade ou orienté vers l’intérieur.
Sur un arbre en gobelet ou demi-tige, on cherche à garder 3 à 5 branches charpentières bien réparties, légèrement arquées. Chaque hiver, éliminez le bois mort, les rameaux se croisant, ceux dirigés vers le centre, ainsi que quelques coursonnes trop âgées ou trop serrées pour rajeunir la structure. Limitez la hauteur en rabattant les prolongements trop verticaux sur un bourgeon tourné vers l’extérieur. L’été, un léger pincement des pousses très vigoureuses et un éclaircissage des fruits (laisser un fruit par bouquet) aident à limiter l’alternance.
Grâce à sa vigueur moyenne et à sa bonne résistance naturelle aux maladies, ce pommier se prête bien à la réalisation de haies fruitières libres ou palissées. En haie libre sur MM106 ou M7, plantez un arbre tous les 3,5 à 4 m et laissez un port en gobelet légèrement ouvert, taillé une fois par an en hiver. En palmette contre un mur ou en cordon, partez d’un scion et formez progressivement les bras charpentiers, en maintenant une distance d’environ 3 m entre les sujets.
Les deux ou trois premières années, un arrosage suivi est crucial pour l’enracinement. En sol ordinaire et climat tempéré, prévoyez un arrosage copieux (20 à 30 L) tous les 7 à 10 jours en période sèche, en laissant bien sécher la surface entre deux apports. En été chaud ou venteux, rapprochez les arrosages si nécessaire. Le paillage limite fortement l’évaporation et les besoins en eau.
Une fois bien établi (après 3 à 4 ans), ce pommier supporte de longues périodes sans arrosage en pleine terre, sauf en cas de sécheresse marquée. Un apport d’eau approfondi (30 à 40 L) toutes les deux à trois semaines durant les canicules suffit généralement pour maintenir la production. En pot, arrosez plus souvent, en veillant à ne jamais laisser le substrat détrempé en permanence.
Pour la fertilisation, apportez chaque année, en fin d’hiver ou au début du printemps, une couche de 3 à 5 cm de compost mûr ou de fumier très décomposé au pied de l’arbre, incorporé superficiellement sans blesser les racines. Un peu de cendre de bois tamisée (riche en potasse) peut être ajoutée pour favoriser la floraison et la qualité des fruits, sans excès (une poignée par mètre carré).
Usta gorria est réputé pour sa bonne résistance aux principaux parasites du pommier. Les observations de longue durée montrent une faible sensibilité à la tavelure sur feuillage, une bonne tenue vis-à-vis des pucerons et une moindre pression de carpocapse par rapport à des variétés plus sensibles. En années de forte pression de tavelure, les fruits peuvent toutefois se tacher, même si le feuillage reste relativement sain.
Comme tous les pommiers, il peut ponctuellement être touché par l’oïdium, la moniliose sur fruits blessés, ou par le feu bactérien dans les régions où cette maladie est présente. La prévention repose sur une aération correcte de la couronne (taille bien conduite), un ramassage régulier des fruits momifiés, un sol vivant riche en matière organique et l’absence de sur-fertilisation azotée. Cette variété se prête bien à une conduite en verger amateur peu traité, voire en agriculture biologique.
Dans la plupart des régions françaises, aucun dispositif particulier n’est nécessaire pour un sujet bien implanté, cette variété étant rustique jusqu’à environ −15 °C. En climat de montagne ou en zone très ventée, la protection du tronc des jeunes arbres (manchon, badigeon) peut limiter les risques d’éclatement d’écorce et de dégâts de gibier. Une couche de paillage plus épaisse en fin d’automne aide aussi à protéger le système racinaire des jeunes plants.
Ce pommier trouve naturellement sa place dans un verger familial, en sujet isolé, en alignement ou au sein d’une petite haie fruitière. Sa floraison tardive, son excellente adaptation aux climats océaniques humides et sa bonne résistance naturelle aux maladies en font un atout dans les jardins du Sud-Ouest, mais il se comporte aussi très bien dans de nombreuses autres régions tempérées, tant que le sol reste frais et profond.
En climat plus continental ou méditerranéen chaud, on veillera simplement à éviter les situations trop brûlantes et sèches qui accentuent la chute précoce des fruits. Associez-le à d’autres pommiers d’époques de maturité différentes pour étaler les récoltes, en combinant par exemple des variétés d’été comme Usta gorria avec des pommes d’automne et d’hiver à longue conservation.
Dans un verger de variétés locales, on peut le marier à d’autres pommes du Sud-Ouest à floraison compatible : une Reine des Reinettes (bon pollinisateur et pomme très polyvalente), une Belle de Boskoop pour les cuissons d’automne, ou encore des variétés résistantes récentes à floraison de même époque. Des poiriers, pruniers ou cerisiers sur porte-greffe adapté complètent bien l’ensemble.
Au pied des pommiers, un couvre-sol de fraisiers, d’aromatiques (ciboulette, mélisse, origan) ou de fleurs nectarifères (phacélie, bourrache, souci) favorise la biodiversité, attire les pollinisateurs et limite la pousse des adventices. Évitez en revanche les végétaux très concurrents au pied immédiat du tronc.
Usta gorria est avant tout une pomme d’été précoce, très juteuse et peu conservatrice. Si vous recherchez plutôt une variété de garde, à récolter en octobre et à conserver jusqu’en hiver, orientez-vous vers une pomme d’automne comme Belle de Boskoop, dont la chair plus ferme supporte mieux la cuisson longue et le stockage prolongé.
À l’inverse, si vous voulez compléter Usta gorria par une variété de même gabarit mais à récolte un peu plus tardive et à usages plus polyvalents, le pommier 'Reine des reinettes' offre des fruits de septembre à la chair croquante, bien équilibrée entre sucre et acidité, qui se conservent plus longtemps et conviennent aussi bien à la table qu’à la pâtisserie.
Pommier 'Usta gorria' résiste jusqu’à −15 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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