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Le Pommier 'Belchard', aussi appelé Chantecler, est une variété française de dessert et de garde issue du croisement entre 'Golden Delicious' et 'Reinette Clochard'. Vigoureux et régulier, il forme un arbre de 4 à 6 m de haut, rustique jusqu’à −20 °C, qui fleurit en avril et donne début octobre de grosses pommes jaune doré, très parfumées, conservables 4 à 5 mois. Sa floraison plutôt tardive limite les dégâts de gel, tandis que sa bonne tolérance aux maladies facilite la conduite en verger familial. Choisissez-le si vous recherchez de belles récoltes d’automne à croquer, cuisiner ou stocker tout l’hiver avec un entretien raisonnable.
Issu des programmes de sélection de l’INRA d’Angers dans les années 1950, ce pommier réunit le sucre et la régularité de production de la Golden avec le parfum et la capacité de garde de la Reinette Clochard. Le résultat est un arbre vigoureux, au port demi-érigé à étalé, qui s’intègre très bien dans un verger familial ou en isolé au jardin. Sur porte-greffe vigoureux, il atteint en général 4 à 6 m de hauteur pour une envergure proche de 4 à 5 m, avec une mise à fruit relativement rapide.
Le feuillage, caduc, est vert franc, ample et bien couvrant en saison. Au printemps, l’arbre se couvre de bouquets de fleurs blanc rosé, mellifères, très appréciées des abeilles. En été, les fruits se développent en grappes bien réparties sur les lambourdes, avant de prendre, à maturité, une belle teinte jaune doré ponctuée de roussissures, parfois légèrement rosée sur la face ensoleillée. Visuellement, ce n’est pas une pomme « brillante de supermarché » mais une vraie pomme de verger à l’aspect rustique.
Adapté à de nombreuses régions françaises, ce pommier supporte bien les climats humides et les vents modérés, ainsi que les situations un peu plus froides grâce à sa floraison de fin avril. Il se comporte particulièrement bien en verger amateur peu traité, grâce à une bonne tolérance à la tavelure par rapport à ses parents, tout en gardant une productivité régulière, avec peu d’alternance.
Ce pommier se distingue d’abord par la qualité de ses fruits. À la récolte, la chair est ferme, croquante et très juteuse, avec une saveur bien sucrée relevée d’une acidité fine qui rappelle les reinettes. Au fil des semaines de conservation, la texture devient plus fondante et le parfum gagne en complexité, avec ce côté « vieille pomme de verger » très apprécié des amateurs. C’est une variété généreuse, qui donne des fruits de calibre moyen à gros, réguliers, à la peau jaune doré ponctuée de petites plages roussies.
La récolte s’effectue en général début octobre, environ deux semaines après celle de la Golden Delicious, quand la couleur est passée du vert au jaune franc. Les fruits ne mûrissent pas tous en même temps : l’idéal est de ramasser en 2 ou 3 passages, en ne prélevant que les pommes bien jaunes et légèrement parfumées. Les fruits de cette variété se marquent facilement au moindre choc ; il est donc préférable de les cueillir à la main en berçant légèrement la pomme, puis de les déposer délicatement dans les caisses plutôt que de les laisser tomber.
Côté usages, c’est une pomme très polyvalente. Excellente à croquer tout l’hiver, elle tient aussi très bien à la cuisson. Sa chair fondante et aromatique est parfaite pour les tartes, les compotes, les crumbles et les tartes Tatin, tout en gardant une bonne tenue. Elle convient aussi pour le jus maison ou les desserts cuits au four, où son équilibre sucre/acidité fait ressortir le goût de pomme sans lourdeur.
Cette variété est réputée pour être une vraie pomme de garde : en la stockant dans un local frais, sombre et bien ventilé, en couches uniques ou sur clayettes, vous pouvez la conserver 4 à 5 mois, souvent jusqu’en mars, voire avril dans de très bonnes conditions. Évitez les locaux trop chauds ou sujets aux variations brutales de température, qui favorisent les troubles de conservation (taches brunes internes, échaudure superficielle). Ne gardez que des fruits sains, non meurtris, en débarrassant régulièrement les pommes abîmées.
Le Belchard a besoin d’une pollinisation croisée pour produire régulièrement. Même s’il peut porter quelques fruits seul, la récolte devient vraiment intéressante en présence d’au moins un autre pommier de floraison voisine, planté dans un rayon de 20 à 30 m. Les variétés les plus souvent recommandées sont Golden Delicious, Granny Smith, Gala ou un pommier 'Reine des reinettes', qui joue fréquemment le rôle de pollinisateur universel en verger amateur. Un pommier d’ornement très florifère comme 'Evereste' peut aussi faire l’affaire si vous manquez de place.
La variété Chantecler – commercialisée longtemps sous le nom Belchard – a été obtenue à l’INRA d’Angers à partir d’un croisement réalisé en 1958 entre Golden Delicious et Reinette Clochard. Après plusieurs années d’évaluation en verger expérimental, elle a été inscrite au catalogue officiel en 1977, ce qui marque son entrée dans le paysage fruitier français. Elle fait partie de ces variétés dites « nouvellement anciennes » : issues de la recherche moderne, mais avec un profil gustatif proche des pommes traditionnelles.
Le nom de cultivar officiel est 'Chantecler', tandis que Belchard était le nom commercial déposé pendant la durée de protection par certificat d’obtention végétale. Le suffixe « -chard » rappelle explicitement la Reinette Clochard, son parent ancien réputé pour sa longue conservation. Depuis la fin de la protection variétale, les fruits sont généralement vendus sous le nom de Chantecler, mais dans les vergers amateurs et les catalogues de pépinières, l’association des deux noms (« Belchard Chantecler ») reste très fréquente.
La meilleure période pour planter ce pommier à racines nues s’étend de novembre à mars, hors période de gel et de sol détrempé. Choisissez un emplacement en plein soleil, dans un sol profond, ameubli sur au moins 40 à 50 cm, fertile et bien drainé. Évitez les terres très lourdes gorgées d’eau en hiver ou, à l’inverse, les sols sableux secs sans apport de matière organique. Un apport de compost mûr ou de fumier bien décomposé, mélangé à la terre de plantation, favorisera l’enracinement.
Creusez un trou nettement plus large que la motte racinaire, ameublissez le fond et placez un tuteur solide au vent dominant avant d’installer l’arbre. Positionnez le point de greffe quelques centimètres au-dessus du niveau du sol fini, rebouchez en tassant progressivement, puis formez une cuvette d’arrosage. Arrosez abondamment dès la plantation (15 à 20 litres) pour chasser les poches d’air. Sur porte-greffe vigoureux ou demi-tige, prévoyez 5 à 6 m entre deux arbres dans un verger, afin de laisser se développer pleinement la couronne.
Ce cultivar peut se cultiver en grand bac s’il est greffé sur un porte-greffe nain de type M9 ou M27, dans un volume de 50 à 80 litres au minimum, avec un drainage impeccable et un arrosage très suivi. En revanche, la forme tige de 150 cm proposée ici est en général greffée sur un porte-greffe plus vigoureux (MM106, MM111 ou franc) et gagnera nettement à être installée en pleine terre pour exprimer tout son potentiel. En pot, ce type d’arbre finirait par souffrir de manque de volume racinaire et de sécheresses répétées.
Oui, mais de façon mesurée : ce pommier fructifie naturellement bien et supporte mal les tailles trop sévères. Une taille de formation les premières années, puis une taille de fructification légère et régulière suffisent en général. La variété a tendance à produire d’elle-même des « extinctions » (suppression naturelle de certaines coursonnes), ce qui limite le besoin de gros raccourcissements ; l’essentiel est de garder une charpente bien éclairée et des branches arquées pour favoriser la mise à fruit.
Comme tous les pommiers, il fructifie surtout sur les lambourdes et les brindilles couronnées, de petits rameaux courts à bourgeons arrondis qu’il faut conserver. La taille de fructification principale se pratique en hiver, de préférence entre janvier et fin février hors période de gel, en raccourcissant légèrement les prolongements trop vigoureux et en supprimant le bois malade, cassé ou qui se croise. En été, une taille en vert légère (pincement des longues pousses non fructifères, arcure des branches encore souples pour les incliner) améliore l’ensoleillement des fruits et limite la vigueur excessive.
Évitez de couper systématiquement court toutes les extrémités : sur ce cultivar, mieux vaut privilégier l’arcure des branches charpentières et la conservation des coursonnes bien placées plutôt que les rabattages drastiques. Un éclaircissage manuel des fruits en juin, en ne laissant qu’un ou deux fruits par bouquet sur les branches surchargées, permet d’obtenir des pommes plus grosses et plus régulières, tout en limitant le risque d’alternance.
Les deux à trois premières années, un arrosage régulier est indispensable en période sèche : comptez un apport copieux (15 à 20 litres) tous les 7 à 10 jours en l’absence de pluie significative, plutôt qu’un petit arrosage fréquent. Ensuite, un pommier bien enraciné se contente en général des pluies, sauf sécheresse prolongée en été où un arrosage de soutien améliore la taille et la qualité des fruits. En pot, les besoins en eau sont nettement plus élevés, souvent 2 à 3 arrosages par semaine en été, et l’arbre se comporte mieux en isolé, verger ou alignement libre qu’en haie taillée stricte.
Apportez chaque fin d’hiver une poignée d’engrais organique spécial fruitiers ou de compost mûr au pied, incorporé superficiellement dans un sol désherbé et paillé. Un paillage de 5 à 10 cm (BRF, feuilles mortes, paille…) limite l’évaporation, nourrit la vie du sol et réduit la concurrence des herbes. Évitez les apports d’azote trop généreux qui favorisent le bois au détriment des fruits et rendent l’arbre plus sensible aux maladies.
Ce cultivar est réputé plus tolérant à la tavelure que de nombreuses descendantes de Golden, ce qui le rend intéressant en verger familial peu ou pas traité. En climat très humide, une surveillance reste toutefois nécessaire, car la tavelure, l’oïdium et la moniliose peuvent apparaître sur le feuillage ou les fruits. Une bonne aération de la couronne, des variétés mélangées dans le verger et un ramassage régulier des feuilles et fruits malades au sol limitent fortement la pression des champignons.
Comme tous les pommiers, il peut aussi être attaqué par les pucerons (verts ou lanigères), le carpocapse (vers dans les fruits) ou le chancre. Des lâchers de auxiliaires, des pièges à phéromones contre le carpocapse, l’application de décoctions ou de traitements doux au bon moment, et surtout une bonne hygiène du verger sont les clés pour contenir ces problèmes. En stockage, ce cultivar peut présenter des troubles de conservation si les fruits ont subi des coups ou ont été mis trop tard au frais ; d’où l’intérêt d’une récolte soigneuse et d’un local adapté.
En pleine terre, ce pommier ne demande aucune protection particulière contre le froid dans la majorité des régions françaises, hormis les jeunes plantules qui peuvent bénéficier d’un léger paillage au collet la première ou la deuxième année. En pot, en revanche, les racines sont plus exposées au gel : isolez le contenant (voile d’hivernage, carton, plaque de bois, rouleaux de paillage) et regroupez les bacs contre un mur abrité, surtout si des minima inférieurs à −10 °C sont annoncés.
Le Belchard trouve naturellement sa place dans un verger familial, où sa production régulière et sa longue conservation permettent de disposer de bonnes pommes maison une grande partie de l’hiver. Planté en isolé au milieu d’une pelouse ou près d’une terrasse, il offre au printemps une floraison décorative et une belle ombre légère en été, tout en fournissant des récoltes abondantes dès que l’arbre est installé. Dans les régions ventées, il peut aussi constituer un élément d’alignement fruitier, en compagnie d’autres pommiers de vigueur voisine.
Ce pommier se plaît particulièrement dans les régions à hiver marqué et automnes assez longs, du nord-ouest au centre de la France, ainsi qu’en moyenne altitude grâce à sa floraison tardive. En climat de montagne plus rigoureux, visez un emplacement bien exposé et abrité, avec un sol profond qui ne se dessèche pas trop vite. Pour explorer d’autres combinaisons de variétés, formes et périodes de récolte, vous pouvez parcourir notre sélection dans la catégorie Pommier.
Dans un verger diversifié, associez ce pommier à des variétés plus précoces ou plus tardives pour étaler les récoltes, par exemple un pommier 'Golden delicious' (pollinisateur et parent du Belchard) et une variété à chair plus acidulée. Vous pouvez aussi l’entourer d’arbustes mellifères (cornouiller, groseilliers, lavandes) pour favoriser la présence des pollinisateurs. Au potager, un sous-étage de petits fruits (cassis, framboisiers), d’aromatiques (ciboulette, consoude, achillée) et de fleurs compagnes (soucis, phacélie) contribue à attirer les auxiliaires et à limiter naturellement les ravageurs.
Par rapport à une Golden classique, le Belchard offre une chair plus parfumée et une meilleure aptitude à la conservation, avec une peau moins brillante mais un goût plus riche. Face à une 'Reine des reinettes', il est en général plus productif et donne des fruits de plus gros calibre, tout en gardant un profil sucré-acidulé très agréable. Choisissez-le si vous voulez une pomme de table polyvalente, bien adaptée au verger familial peu traité, en l’associant à d’autres variétés pour diversifier les goûts et sécuriser la pollinisation.
Pommier 'Belchard' résiste jusqu’à −20 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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