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Le noisetier Segorbe 'Segorbe' est un arbuste fruitier vigoureux, sélectionné pour ses noisettes rondes très parfumées et sa forte productivité. Haut de 2 à 3 m à maturité pour une envergure proche, ce coudrier caduc supporte des froids d’au moins −20 °C et s’adapte au soleil comme à la mi-ombre. Il fleurit en plein hiver, de janvier à mars, puis offre une récolte groupée de septembre, avec des fruits de calibre moyen mais bien remplis, appréciés aussi bien frais qu’en pâtisserie. Peu drageonnant, rustique et assez tolérant à la sécheresse une fois installé, il convient aussi bien aux haies gourmandes qu’aux petits vergers familiaux, avec un entretien limité.
Originaire des programmes de sélection français, le noisetier Segorbe est issu d’un semis naturel retenu par l’INRA au début des années 1970. Il est ensuite devenu l’une des variétés de référence dans les vergers du Sud-Ouest de la France et de Catalogne, où il sert à la fois de variété de production et de pollinisateur pour d’autres noisetiers. Ce cultivar appartient à l’espèce européenne Corylus avellana, de la famille des Bétulacées, largement spontanée en lisière de bois et de haies champêtres.
Segorbe forme une touffe très vigoureuse, au port dressé à semi-érigé, avec un drageonnement nettement plus faible que beaucoup d’autres variétés fruitières. À maturité, il atteint en général 2 à 3 m de hauteur, parfois un peu plus de 3 m en sol profond, pour une largeur voisine. Son feuillage caduc, composé de grandes feuilles vert moyen, arrondies et en forme de cœur, offre une belle masse verte en saison avant de jaunir en automne.
En plein hiver, alors que le jardin est encore nu, l’arbuste se couvre de longs chatons mâles jaune pâle, pendants, qui s’épanouissent de janvier à mars selon le climat. Les petites fleurs femelles rouge vif, plus discrètes, apparaissent sur le même pied. Comme tous les noisetiers, Segorbe est monoïque mais auto-incompatible : il a besoin d’autres variétés pour fructifier régulièrement, et fournit lui-même un pollen abondant et tardif, très recherché dans les vergers professionnels.
Ce cultivar se distingue enfin par son excellente qualité gustative et son adaptation aux climats relativement secs. Les noisettes, de calibre moyen et de forme presque ronde, sont regroupées par 3 à 4, avec un taux d’amandon élevé et une saveur fine qui le destine autant à la consommation fraîche qu’à la transformation (praliné, torréfaction, pâte à tartiner).
Les noisettes de Segorbe se distinguent d’abord par leur forme plutôt ronde, légèrement aplatie au sommet, et par leur calibre moyen, homogène. Elles sont portées en bouquets de 3 à 4 fruits, entourés de cupules verdâtres qui s’ouvrent à maturité. La coque, brun clair et légèrement vernissée, est de moyenne épaisseur, suffisamment solide pour le stockage tout en restant facile à casser.
L’amandon représente autour de 40 à 50 % du poids de la noisette, ce qui en fait une variété intéressante pour le marché du « kernel ». La graine est moyennement grosse (environ 1,1 à 1,4 g), blanc à blanc ivoire, ferme et assez turgescente, avec une cavité interne plutôt large. À la dégustation, la noisette est décrite comme très parfumée, avec une saveur douce et une bonne intensité aromatique, qui s’exprime particulièrement bien après torréfaction légère.
En climat français doux à tempéré, la variété est considérée comme « tardive » : la maturité intervient en général début septembre dans le Sud-Ouest, et plutôt en seconde quinzaine de septembre dans les régions plus fraîches. Les noisettes tombent lorsque la cupule brunit et que le fruit se détache facilement. La récolte est assez groupée, ce qui facilite le ramassage manuel, mais il est conseillé de surveiller régulièrement pour devancer les écureuils et le balanin.
Segorbe est une excellente variété à croquer fraîche, seule ou en mélange avec d’autres cultivars aux formes différentes. Grâce à son bon rendement en amandon, à un blanchiment correct de la pellicule après torréfaction et à un goût équilibré, elle convient aussi très bien à la pâtisserie (praliné, entremets, biscuits), aux pâtes à tartiner maison et aux noisettes grillées salées. Les fruits se prêtent au séchage : une fois bien ressuyées dans un local aéré, les noisettes se conservent plusieurs mois dans leur coque, au sec et à l’abri des rongeurs.
Sur le plan agronomique, Segorbe est réputé pour sa productivité élevée et régulière, avec un faible pourcentage de fruits vides lorsque les conditions de pollinisation sont bonnes. La mise à fruit est assez rapide : on peut espérer les premières noisettes 3 à 4 ans après la plantation, avec une pleine production autour de 7 à 8 ans.
La variété Segorbe provient d’un semis naturel de noisetier de table, d’origine exacte inconnue, sélectionné en France dans les années 1960–1970 et retenu par l’INRA en 1973 pour sa rusticité et sa qualité de fruit. Elle tire son nom de la ville de Segorbe, en Espagne, reflétant les liens étroits entre les bassins de production français et ibériques de la noisette. Elle fait partie, avec Negret, Pauetet et Fertile de Coutard, des cultivars qui ont structuré l’essor de la noisette industrielle dans le Sud-Ouest de la France et le nord-est de l’Espagne.
Segorbe est aujourd’hui inscrite dans plusieurs catalogues nationaux européens (France, Espagne, Pays-Bas, Serbie, Argentine…) et figure régulièrement comme variété de référence dans les essais internationaux sur le noisetier. Sans être une variété « médaillée » au sens ornemental, elle a gagné une solide réputation de cultivar fiable pour la production de kernels et comme excellent pollinisateur dans les vergers professionnels.
La plantation du noisetier Segorbe se fait de préférence de l’automne au début du printemps, d’octobre à mars, hors période de gel et de sols détrempés. La plantation automnale, en sol encore tiède, favorise un meilleur enracinement avant l’été suivant. Choisissez un emplacement ensoleillé ou à mi-ombre légère, abrité des vents froids dominants, surtout dans les régions à gelées tardives.
Le sol doit être profond, bien ressuyé et riche en matière organique. Évitez les terres lourdes constamment gorgées d’eau, qui provoquent l’asphyxie racinaire, ainsi que les sols très calcaires et compacts, auxquels Segorbe est sensible. En sol argilo-limoneux ordinaire, un apport de compost mûr ou de fumier bien décomposé au fond du trou (40 à 50 cm de côté pour un jeune plant en pot 2,5 L) améliore la structure et la fertilité.
Plantez en enterrant la motte juste au niveau du collet, sans enterrer le point de greffe le cas échéant. Rebouchez avec la terre ameublie, tassez légèrement puis formez une cuvette d’arrosage. Apportez 10 à 15 litres d’eau pour bien chasser les poches d’air, même par temps humide. Un paillage organique (broyat de branches, paille, feuilles mortes) sur 5 à 10 cm d’épaisseur limite la concurrence des herbes et garde le sol frais.
En isolé, comptez 3 à 4 m entre Segorbe et les autres arbres fruitiers ou grands arbustes. En haie gourmande, un espacement de 1 à 1,50 m entre sujets de noisetier permet de constituer, en quelques années, un écran dense et productif. Pensez à placer à moins de 15 à 20 m au moins deux autres variétés compatibles (par exemple ‘Fertile de Coutard’, ‘Longue d’Espagne’ ou ‘Merveille de Bollwiller’) pour assurer une pollinisation croisée efficace.
La culture de Segorbe en pot est envisageable quelques années, sur une terrasse ou un grand balcon, mais reste transitoire compte tenu de sa vigueur. Choisissez un contenant d’au moins 50 L, percé au fond, garni d’une couche drainante (billes d’argile, gravier) et rempli d’un mélange de terre de jardin légère, de compost mûr et éventuellement d’un peu de sable grossier. Installez le pot en situation lumineuse sans soleil brûlant aux heures les plus chaudes dans le Sud. Surveillez attentivement l’arrosage, beaucoup plus fréquent qu’en pleine terre, et prévoyez un rempotage ou une plantation au jardin au bout de quelques années pour préserver la longévité de l’arbuste.
Oui, mais la taille du noisetier Segorbe reste légère et espacée : l’objectif est surtout d’aérer la touffe et de renouveler progressivement le bois fructifère. Les premières années, contentez-vous de supprimer les branches cassées ou mal placées et d’équilibrer la charpente. À partir de 8 à 10 ans, une taille de rajeunissement tous les 3 à 5 ans, en hiver, permet de maintenir des tiges vigoureuses et bien éclairées.
Les noisettes se forment principalement sur les pousses de un an portant des bourgeons mixtes, insérées sur un bois de quelques années. Une taille trop sévère qui raccourcirait systématiquement les jeunes rameaux réduirait donc la production. Intervenez en dehors des fortes gelées, de préférence entre janvier et début mars, en supprimant à la base 1 à 3 des plus vieilles tiges (bois de plus de 6–8 ans) et en éliminant le bois mort, malade ou mal orienté.
Laissez 6 à 10 troncs principaux bien espacés formant une vasque ouverte. Évitez les coupes de rabattage sur du vieux bois, auquel le noisetier réagit mal. Limitez les drageons lorsqu’ils deviennent trop nombreux, mais conservez-en quelques-uns pour renouveler progressivement la charpente. Dans un petit jardin, une taille en gobelet bas permet de garder l’arbuste autour de 2,5 m tout en conservant une bonne fructification.
En haie libre, Segorbe se prête bien à la constitution de haies champêtres ou gourmandes de 2 à 4 m de haut. Plantez tous les 1 à 1,50 m en mélange avec d’autres arbustes indigènes (charme, cornouiller, prunellier, aubépine). Une taille légère de contrôle tous les 3 ou 4 ans, consistant à supprimer quelques tiges âgées et à raccourcir les branches qui débordent trop, suffit à garder une bonne densité tout en garantissant des récoltes abondantes.
Les deux à trois premières années, l’arrosage est essentiel pour assurer une bonne installation, surtout en sol léger ou en climat chaud. En période sèche, comptez un arrosage profond (10 à 20 L) tous les 10 à 15 jours en pleine terre, davantage en pot. Un paillage épais réduit significativement les besoins en eau. Une fois bien enraciné, le noisetier Segorbe supporte des épisodes de sécheresse estivale, mais une humidité modérément fraîche en été améliore le remplissage des noisettes.
Côté fertilisation, un apport annuel au début du printemps de compost bien décomposé au pied (2 à 3 kg par touffe adulte) suffit dans la plupart des sols. Évitez les engrais très riches en azote qui stimulent le feuillage et les rejets au détriment de la production. En pot, complétez avec un engrais organique spécial fruitiers, à dose modérée, de mars à juin.
Segorbe est globalement rustique et sain, mais comme la plupart des noisetiers il peut être affecté par quelques bioagresseurs. Cette variété est signalée comme sensible au phytopte du noisetier (acarien responsable des « gros bourgeons ») : surveillez l’apparition de bourgeons anormalement gonflés et supprimez-les en hiver pour limiter le foyer. Le balanin des noisettes (petit charançon) provoque des fruits véreux qui tombent prématurément : un ramassage soigneux des noisettes tombées au sol et un nettoyage d’automne réduisent fortement la pression.
En conditions fraîches et humides, la pourriture grise (botrytis) peut atteindre les inflorescences et les jeunes fruits, surtout en verger dense. Une bonne aération de la touffe par la taille, un enherbement maîtrisé et l’évitement des excès d’azote constituent les meilleurs moyens préventifs. Dans les régions déjà touchées par la punaise diabolique, quelques noisettes peuvent être piquées : là encore, la diversification variétale et la présence de haies naturelles favorisent les auxiliaires.
Grâce à sa rusticité, le noisetier Segorbe ne nécessite pas de protection particulière contre le froid dans la quasi-totalité des régions françaises. Sur les jeunes plantations en climat continental ou en altitude, un paillage hivernal au pied et, éventuellement, un léger voile d’hivernage lors des premières années sécurisent les plants en cas de gel intense sans couverture neigeuse. En pot, protégez la motte du gel prolongé en isolant le contenant ou en le rapprochant d’un mur abrité.
Le noisetier Segorbe trouve naturellement sa place dans les petits vergers familiaux, les haies bocagères et les haies gourmandes. Sa taille modérée, sa productivité et sa floraison hivernale en font un excellent arbuste de lisière ou de bordure de potager. Dans un jardin de campagne ou un jardin nourricier, on peut le planter en isolé, en lisière de massif ou en alignement pour structurer l’espace tout en produisant une récolte généreuse.
En mélange avec d’autres noisetiers de la gamme Noisetier, Segorbe participe à la constitution de haies multi-étagées très favorables à la faune : ses chatons fournissent un pollen précoce aux abeilles et aux bourdons, tandis que ses noisettes nourrissent de nombreux oiseaux et petits mammifères. Dans les régions du Sud et les jardins secs, il se comporte bien en sol drainant à condition d’être accompagné de quelques arrosages de soutien les premières années.
Pour assurer une bonne pollinisation et diversifier les formes de fruits, associez Segorbe à un noisetier à gros calibre comme ‘Merveille de Bollwiller’ / ‘Géante des Halles’, aux grosses noisettes tardives, et à un cultivar plus allongé comme ‘Longue d’Espagne’. Un noisetier pourpre ‘Purpurea’ ou un noisetier tortueux pourpre ‘Red Majestic’ apporteront une touche décorative marquée, tout en participant à la pollinisation croisée.
Dans une haie champêtre, Segorbe s’accorde bien avec le charme, le cornouiller sanguin, le prunellier et l’aubépine, qui offrent à tour de rôle floraison, fruits et refuge pour la faune. Pour un verger diversifié, installez-le en bordure de rangée de pommiers ou de pruniers, en veillant à conserver 3–4 m entre les troncs pour permettre une bonne circulation de l’air et de la lumière.
Segorbe convient particulièrement aux jardiniers qui recherchent un noisetier fiable, très productif, aux noisettes rondes de calibre moyen mais très parfumées, et relativement tolérant aux climats plus chauds ou un peu secs. Sa vigueur importante et son faible drageonnement en font un bon choix pour les haies gourmandes et les vergers peu traités.
Si vous privilégiez de très grosses noisettes de table, plus décoratives mais un peu plus tardives, tournez-vous plutôt vers un cultivar comme ‘Géante des Halles’, plus développé (autour de 4 m) et très apprécié pour ses gros fruits. À l’inverse, si vous cherchez une variété historique, très largement diffusée et un peu plus connue du grand public, ‘Fertile de Coutard’ offre de grosses noisettes striées et une maturité également située autour de la première moitié de septembre, au prix d’un drageonnement généralement plus marqué que celui de Segorbe.
Noisetier segorbe 'Segorbe' résiste jusqu’à −20 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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