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Le poirier 'Duc de Bordeaux' est une variété ancienne française de poire d'automne, très appréciée pour ses fruits parfumés et de longue conservation. Cet arbre vigoureux forme à maturité une belle silhouette arrondie de 3 à 6 m de haut pour 2 à 5 m d'envergure, au feuillage caduc. Rustique jusqu'à environ −15 °C, il se plaît en situation ensoleillée dans un sol frais et profond. Sa floraison blanche intervient en avril et donne, avec une bonne pollinisation, des poires jaunes teintées de rouge à récolter surtout en octobre. Facile à conduire en verger familial, c'est une excellente poire de garde pour déguster des fruits parfumés tout l'hiver.
Ce poirier vigoureux forme un arbre de taille moyenne à grande, au port d'abord semi-dressé puis plus étalé sous le poids des récoltes. Greffé en tige ou demi-tige, il atteint généralement entre 3 et 6 m de haut pour 2 à 5 m de large selon le porte-greffe et la conduite. Sa charpente solide supporte bien les tailles de formation et de fructification, et permet aussi une culture palissée (palmette ou espalier) contre un mur bien exposé.
Le feuillage, caduc, se compose de feuilles ovales, épaisses, d'un vert franc en saison. Elles apparaissent au printemps avant la floraison, puis jaunissent progressivement à l'automne avant de chuter, laissant l'ossature de l'arbre bien visible pour les tailles d'hiver. La floraison, de fin mars à avril selon les régions, couvre les rameaux de bouquets de petites fleurs blanches à cinq pétales, parfois très légèrement rosées en bouton, très mellifères.
Les fruits, de calibre moyen, ont une forme piriforme ventrue, assez régulière. L'épiderme est épais, d'abord vert pâle, devenant jaune à jaune citron à maturité, parsemé de ponctuations liégeuses grises et souvent lavé de rouge ou de carmin sur la face exposée au soleil. La chair est blanche, fine à mi-fine, fondante, très juteuse, bien sucrée avec une agréable pointe d'acidité et un arôme musqué très marqué, parfois légèrement granuleuse autour du cœur.
Par rapport à des variétés plus connues comme 'Conférence' ou 'Doyenné du Comice', cette variété se distingue par sa très bonne aptitude à la conservation, son parfum intense et sa double vocation : poire de table de grande qualité gustative et excellente poire à cuisson pour les recettes d'automne et d'hiver.
Les poires de cette variété sont réputées pour leur goût très aromatique. La chair, blanche et fondante, est abondamment juteuse ; elle associe une belle teneur en sucres à une acidité légère qui évite toute lourdeur. Le bouquet est nettement musqué, avec un parfum intense qui en fait une poire de table très appréciée. La texture peut présenter un léger grain autour du cœur, sans nuire au plaisir de dégustation.
La récolte intervient principalement en octobre, avec un décalage selon le climat : fin septembre à début octobre dans les régions les plus douces, plutôt mi à fin octobre plus au nord ou en altitude. On cueille les fruits à maturité de récolte, quand la peau jaunit, que la joue exposée au soleil se teinte de rouge et que la poire se détache en la soulevant délicatement. Il est conseillé de ramasser en plusieurs passages, au fur et à mesure de la maturité.
Conservée dans un local frais, sombre et bien ventilé (fruitier, cave peu humide), cette poire se garde généralement de 2 à 3 mois, souvent jusqu'en décembre, voire début janvier en très bonnes conditions. C'est donc une vraie poire d'automne-hiver, qui prolonge la saison des fruits frais bien au-delà des premières gelées.
À croquer, elle se déguste après un très court ressuyage : quelques jours à température ambiante suffisent pour que la chair gagne encore en fondant. Cuite, elle tient bien en quartiers ou entière : elle est parfaite pochée au vin, en compote, en confiture, en tarte aux poires, dans les gâteaux et clafoutis ou encore en accompagnement salé (volaille, gibier, fromages bleus...). Son parfum marqué supporte bien la cuisson et les épices (vanille, cannelle, badiane).
La production est en général régulière et abondante, surtout si l'on éclaircit les fruits lorsqu'ils sont encore petits pour éviter la surcharge des branches. La récolte est plutôt groupée sur quelques semaines, ce qui facilite la mise en réserve ou la transformation en conserves et préparations maison.
Côté pollinisation, cet arbre n'est pas considéré comme pleinement autofertile. Il porte quelques fruits isolé, mais sa productivité augmente nettement en présence d'autres poiriers à floraison voisine. 'Williams', 'Beurré Hardy', 'Doyenné du Comice' ou 'Conférence' sont parmi les meilleurs partenaires. Il suffit qu'un de ces poiriers se trouve dans un rayon d'une cinquantaine de mètres pour assurer des échanges de pollen efficaces.
Cette variété est issue du grand foisonnement pomologique du XVIIIe et du XIXe siècle. Elle est originaire du Limousin, plus précisément de la forêt de Rochechouart en Haute-Vienne, où elle aurait été remarquée sur un semis spontané et diffusée localement avant d'entrer dans les collections au XIXe siècle. Elle figure ensuite très tôt dans les catalogues de pépiniéristes et de stations expérimentales françaises, qui la décrivent comme une excellente poire d'automne à conserver.
Elle porte de nombreux synonymes régionaux : on la rencontre sous les noms d'« Épine du Mas », « Épine Dumas », « Belle Épine de Limoges » ou encore « Épine de Rochechouart ». Ces appellations rappellent le caractère parfois légèrement épineux des rameaux jeunes et son ancrage dans le terroir limousin. Dans plusieurs inventaires pomologiques historiques, le nom « Épine du Mas » est explicitement donné comme synonyme de « Duc de Bordeaux ».
Variété ancienne de qualité, elle est aujourd'hui préservée dans des vergers conservatoires et remise à l'honneur par de nombreuses pépinières fruitières. Les amateurs la recherchent pour son caractère rustique, sa bonne productivité, sa longue conservation et le parfum très typé de ses fruits, qui en fait une poire de garde très intéressante dans un verger familial.
La meilleure période de plantation est l'automne, de octobre à décembre, hors périodes de gel. Le sol est encore tiède, ce qui favorise l'enracinement avant l'hiver. La plantation reste possible jusqu'en mars pour les sujets en pot, à condition d'arroser soigneusement la première année.
Choisissez un emplacement bien ensoleillé, ouvert, à l'abri des vents froids dominants. Le sol idéal est profond, argilo-limoneux, fertile, restant frais en été mais bien drainé. Évitez les terres calcaires actives (chlorose possible) et les sols lourds asphyxiants ; en terrain très compact, ameublissez largement et apportez du compost mûr pour améliorer la structure.
Creusez une fosse de plantation d'au moins 50 cm de côté et de profondeur. Mélangez la terre extraite avec du compost bien décomposé ou un engrais organique spécial fruitiers. Placez l'arbre en veillant à ce que le point de greffe reste juste au-dessus du niveau du sol fini. Rebouchez en tassant légèrement, formez une cuvette d'arrosage, arrosez abondamment puis installez un tuteur solide sur lequel vous attacherez le tronc avec un lien souple.
En verger familial, prévoyez 4 à 6 m entre deux arbres selon le porte-greffe et la vigueur souhaitée. En palmette contre un mur, un espacement de 3 à 4 m sur le rang est en général suffisant. Un paillage organique (broyat, paille, feuilles mortes) sur 5 à 10 cm d'épaisseur limitera les herbes concurrentes et gardera le sol frais.
Ce poirier exprime tout son potentiel en pleine terre, mais il peut se cultiver quelques années en grand bac si vous manquez de place. Choisissez alors un contenant d'au moins 50 litres, percé au fond, avec une couche drainante (billes d'argile, gravier) et un substrat stable : moitié terre de jardin, moitié bon terreau. Placez le bac en plein soleil, près d'un mur abrité, et surveillez étroitement l'arrosage, le substrat se desséchant beaucoup plus vite qu'en pleine terre. En région froide, protégez le pot en hiver (voile d'hivernage, isolant autour du contenant) pour préserver les racines.
Oui, ce poirier gagne à être taillé régulièrement pour rester bien structuré, lumineux et productif. Les premières années, la taille de formation sert à construire une charpente équilibrée (gobelet, axe, palmette). Ensuite, une taille annuelle légère suffit pour renouveler le bois à fruits, limiter la hauteur et favoriser la mise à fruits sur des rameaux courts.
Comme tous les poiriers, cette variété fructifie principalement sur des organes courts et pérennes (lambourdes, brindilles couronnées, bourses) portés par du bois de deux ans et plus. La taille de fructification se pratique en période de repos végétatif, de novembre à février hors fortes gelées. Elle consiste à :
En été, une taille en vert légère (raccourcissement des pousses très vigoureuses, suppression des « gourmands » dressés) permet de maîtriser la hauteur et de favoriser la formation de nouveaux dards à fruits. L'éclaircissage des fruits, fin juin-début juillet, en ne laissant qu'un fruit par bouquet et en espaçant les poires de 10 à 15 cm, améliore la taille et la régularité de la production.
Les deux à trois premières années, arrosez régulièrement en période sèche : un arrosage copieux tous les 7 à 10 jours en été, plutôt que de petits apports fréquents, aide les racines à descendre en profondeur. Un paillage permanent limite les besoins en eau. Une fois bien installé, l'arbre tolère des périodes de sécheresse modérée mais appréciera un arrosage en cas d'été très sec, surtout sur sols légers.
Chaque fin d'hiver, apportez au pied une bonne pelletée de compost mûr ou de fumier bien décomposé, incorporé superficiellement sans blesser les racines superficielles. Évitez les engrais azotés trop riches, qui favorisent un excès de bois au détriment des fruits et augmentent la sensibilité aux maladies. En pot, une fertilisation organique régulière (engrais à libération lente ou arrosages avec un engrais liquide spécial fruitiers) est nécessaire de mars à juillet.
Comme la plupart des poiriers, cette variété peut être touchée par la tavelure (taches sombres sur les feuilles et les fruits), le feu bactérien, la moniliose (fruits qui pourrissent sur l'arbre), les pucerons, le carpocapse (ver de la poire) ou la psylle du poirier. Les observations de terrain la décrivent globalement comme moyennement sensible à la tavelure : elle supporte assez bien les années peu humides mais peut être atteinte en climat très pluvieux.
En prévention, veillez à une bonne aération de la ramure, ramassez et évacuez feuilles et fruits malades, et évitez les excès d'azote. En cas de forte pression de tavelure, des traitements de biocontrôle ou à base de cuivre, appliqués dans le respect de la réglementation et des périodes sensibles, peuvent être envisagés. Pour limiter le carpocapse, installez des pièges à phéromones ou des ceintures pièges et ramassez les fruits véreux tombés au sol.
En pleine terre, cet arbre supporte sans problème les hivers de la plupart des régions françaises jusqu'à environ −15 °C, voire un peu moins en sol bien drainé. La protection se limite généralement aux jeunes sujets (paillage épais au pied, voile d'hivernage en climat très froid et venteux). En pot, en revanche, les racines sont plus exposées : protégez le contenant avec un isolant et surélevez-le pour que l'eau s'évacue facilement.
Ce poirier trouve naturellement sa place dans tout verger familial, en isolé sur une pelouse, en alignement ou en palmette le long d'un mur orienté au sud ou au sud-ouest. Sa floraison printanière très visitée par les abeilles et ses fruits colorés en automne lui confèrent un réel intérêt ornemental en plus de sa valeur nourricière. Il convient bien aux jardins de campagne, aux vergers de conservation, mais aussi aux jardins de ville dès lors que le sol reste suffisamment profond et frais.
Il se plaît dans la plupart des régions françaises de plaine, hors zones de montagne trop élevées ou fonds de vallées très gélifs où les gelées tardives de printemps peuvent compromettre régulièrement la floraison. Dans les climats très secs ou méditerranéens, un sol bien amendé, un arrosage de soutien et un paillage généreux sont indispensables pour maintenir la fraîcheur du sol.
Pour assurer une bonne pollinisation et échelonner les récoltes, associez ce poirier à d'autres variétés à floraison compatible. Un verger mêlant cette variété et un poirier 'Conférence' offre par exemple une longue saison de poires à dessert, du début de l'automne jusqu'au cœur de l'hiver. Vous pouvez aussi le marier à un poirier 'Doyenné du Comice' pour compléter la palette de saveurs et de textures.
Au pied, des vivaces couvre-sol peu concurrentes (fraisiers des bois, aromatiques basses, narcisses naturalisés) ou des engrais verts gélifs (phacélie, trèfle incarnat) accompagnent bien cet arbre, tout en protégeant le sol et en attirant les auxiliaires. Dans un petit jardin, on peut l'intégrer à une haie fruitière libre, en veillant simplement à lui laisser l'espace nécessaire pour son développement.
Si vous souhaitez créer un verger plus complet, explorez la gamme de poiriers proposée sur le site et combinez plusieurs variétés aux maturités et goûts complémentaires.
Choisissez cette variété si vous recherchez une poire d'automne très parfumée, de calibre moyen, à conserver plusieurs semaines et à utiliser aussi bien crue que cuite. Elle convient particulièrement aux jardins où l'on souhaite récolter en octobre et disposer de fruits jusqu'en décembre sans chambre froide.
Par rapport au 'Conférence', généralement récolté un peu plus tôt et de forme plus allongée, cette poire offre un parfum plus musqué et une meilleure aptitude à la conservation hivernale. Face à un 'Doyenné du Comice', aux fruits plus gros et plus fondants mais parfois un peu plus délicat à faire produire, elle se distingue par une mise à fruit plus rapide, une productivité régulière et une chair un peu plus acidulée, très appréciée en cuisine. Dans un petit verger, l'association de ces variétés permet de couvrir une large palette de goûts et de périodes de récolte.
Poirier 'Duc de bordeaux' résiste jusqu’à −15 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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