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Le plaqueminier 'Sharon' est un kaki de développement moyen, très productif, connu pour ses fruits aplatis, côtelés et extrêmement sucrés une fois blets. Cet arbre caduc atteint en général 5 à 6 m de haut pour 4 à 5 m de large, avec un port arrondi et un feuillage vert luisant qui rougit en automne. Rustique jusqu’à environ −15 °C en pleine terre et peu sensible aux maladies, il demande simplement une exposition très ensoleillée, un sol bien drainé et abrité des vents. Sa floraison discrète a lieu de mai à juin, et la récolte se fait de fin octobre à décembre après les premières gelées. C’est un excellent choix pour un verger familial ou un grand jardin, où il offrira à la fois décor d’automne et fruits de table savoureux.
Originaire d’Asie comme tous les Diospyros kaki, cet arbre fruitier a été largement diffusé à partir d’Israël, où ses fruits sont commercialisés sous le nom de « Sharon fruit ». Le cultivar 'Sharon' correspond au plaqueminier de type Triumph, sélectionné pour sa forte productivité et ses fruits réguliers, de calibre moyen, à peau fine orange vif. En France, il dépasse rarement 5 à 6 m de haut, ce qui le rend plus facile à intégrer dans un jardin que les grands plaqueminiers de l’espèce type.
Son port est naturellement arrondi et assez étalé, avec des branches relativement cassantes lorsqu’elles ploient sous le poids des fruits. Le feuillage, caduc, se compose de grandes feuilles ovales, épaisses, vert foncé et brillantes en saison. À l’automne, elles prennent de belles teintes jaunes, orangées puis rouge brique avant de tomber, laissant les kakis bien visibles, comme des boules orange accrochées au bois nu en début d’hiver.
Le 'Sharon' se classe parmi les kakis à fruits astringents : tant que la chair reste ferme, elle contient beaucoup de tanins et serre désagréablement la bouche. En revanche, lorsqu’elle devient blette – molle et translucide – la pulpe se transforme en une crème très douce, parfumée et pauvre en pépins. C’est cette qualité gustative à complet blettissement, associée à une récolte tardive et abondante, qui distingue ce cultivar des kakis dits « pommes » consommables fermes.
Généralement greffé sur plaqueminier lotier (Diospyros lotus), le 'Sharon' offre un système racinaire puissant, une bonne résistance au froid et une bonne adaptation aux sols ordinaires, pourvu qu’ils soient bien drainés. Il reste globalement peu sensible aux maladies et parasites, hormis une possible chlorose ferrique en sols trop calcaires.
Les fruits du kaki 'Sharon' sont de taille moyenne, de forme aplatie et nettement côtelée, presque carrée vue de profil. Leur peau d’abord jaune vire à l’orange vif à maturité, parfois teintée de rouge sur les faces les plus ensoleillées. Le calice persistant, large, reste accroché au fruit même après récolte. La chair est d’abord ferme et très riche en tanins, puis devient translucide, juteuse et fondante quand le fruit est blet.
À ce stade de blettissement, la saveur se révèle très sucrée, douce, avec des notes évoquant la vanille et l’abricot. Les pépins sont généralement peu nombreux, voire absents sur une partie de la récolte. Tant que la pulpe n’est pas devenue molle, le fruit reste astringent : il est donc conseillé d’attendre que le fruit soit bien ramolli, ou de le laisser quelques jours à température ambiante, voire une nuit au congélateur puis en décongélation, pour faire disparaître l’âpreté.
La floraison intervient en mai–juin, tardivement, ce qui limite le risque de dégâts par les gelées de printemps. La récolte des kakis 'Sharon' commence en général de fin octobre à début novembre selon le climat, et peut se prolonger en novembre–décembre. Dans les régions douces, on laisse volontiers les fruits sur l’arbre jusqu’aux premières gelées : le froid accélère leur ramollissement et concentre les sucres, mais il faut éviter les gels trop forts et prolongés qui abîmeraient la pulpe.
Pour la consommation, on peut cueillir les fruits bien colorés mais encore assez fermes, en conservant leur pédoncule, puis les laisser mûrir dans un local frais, calice vers le bas. Stockés dans de bonnes conditions, les fruits encore fermes se gardent plusieurs semaines, tandis que les fruits déjà blettes doivent être consommés dans les deux à trois jours, ou transformés. La chair se déguste alors à la petite cuillère, directement dans la peau ou en la prélevant pour des préparations.
Les usages en cuisine sont nombreux : le 'Sharon' se savoure cru à la cuillère, en salades de fruits, en coulis, en smoothies, mais aussi en confiture, compote, marmelade ou pâtisseries. Sa chair très sucrée tient correctement à la cuisson en compote épaisse, et se prête bien au séchage en tranches, qui prolonge la conservation sur plusieurs mois. Son faible acidité invite souvent à l’associer à des fruits plus vifs (agrumes, pommes) pour équilibrer les desserts.
Le nom commercial « Sharon fruit » vient de la plaine du Sharon, en Israël, où le cultivar Triumph a été massivement planté et où l’on a mis au point des techniques de désastringence post-récolte. Les fruits ainsi traités peuvent être consommés fermes, comme des kakis « pomme », et ont popularisé le nom de Sharon sur les étals européens. Au jardin, le même matériel végétal se comporte toutefois comme un kaki astringent classique : ses fruits doivent être ramollis ou blets pour exprimer pleinement leur douceur.
Cette diffusion à grande échelle depuis la fin du XXᵉ siècle explique la présence fréquente de kakis 'Sharon' dans les vergers amateurs européens. Sans disposer de distinction officielle particulière, cette variété est aujourd’hui considérée comme une valeur sûre pour qui recherche une récolte tardive, abondante et régulière, avec des fruits bien calibrés et de belle présentation.
La meilleure période pour planter un kaki 'Sharon' se situe d’octobre à novembre, lorsque le sol est encore doux et humide, ce qui favorise l’enracinement avant l’hiver. Une plantation reste possible de février à mars hors période de gel, à condition d’assurer des arrosages suivis au printemps et en été. Choisissez un emplacement très ensoleillé, exposé sud ou sud-ouest, et surtout abrité des vents dominants qui pourraient casser les branches chargées de fruits.
Ouvrez un trou généreux, au moins 60 cm en tous sens, en ameublissant bien le fond. Mélangez la terre extraite avec du compost bien mûr ou un fumier bien décomposé, mais évitez les engrais chimiques concentrés à la plantation. Placez le tuteur avant l’arbre, puis installez la motte ou les racines en veillant à maintenir le point de greffe nettement au-dessus du niveau du sol. Rebouchez avec la terre amendée, tassez légèrement et formez une cuvette d’arrosage.
Arrosez abondamment juste après la plantation pour chasser les poches d’air, puis maintenez le sol frais mais non détrempé la première année. Un paillage organique (paille, BRF, feuilles mortes) limitera l’évaporation et la concurrence des herbes. En sol calcaire, il est prudent d’incorporer au préalable un peu de terre de bruyère ou de compost de feuilles pour acidifier légèrement le milieu, et de surveiller l’apparition éventuelle de chlorose.
Le kaki 'Sharon' peut se cultiver quelques années en grand bac, notamment sur une terrasse abritée en climat doux. Choisissez un contenant d’au moins 50 à 80 litres, percé au fond, et installez une épaisse couche de drainage (billes d’argile, graviers). Utilisez un mélange riche mais parfaitement drainant : terre de jardin non calcaire, compost mûr et terreau de plantation. Placez le pot en plein soleil, contre un mur chaud, et veillez à des arrosages réguliers en été. En hiver, isolez le bac du gel (cale en bois, voile, couverture du pot) ou déplacez-le dans un endroit hors gel et lumineux.
Oui, le plaqueminier se taille légèrement pour rester équilibré et productif, mais il supporte mal les tailles sévères. Les premières années, on réalise surtout une taille de formation pour construire une charpente aérée en gobelet ou en petit arbre à tronc dégagé. Ensuite, une taille d’entretien annuelle consiste à supprimer le bois mort, les branches qui se croisent et celles qui encombrent trop le centre de l’arbre, en intervenant en fin d’hiver, après les fortes gelées.
Le kaki fructifie sur les yeux situés à l’extrémité des pousses de l’année, qui elles-mêmes se développent sur le bois de un an. Pour préserver la récolte, il ne faut donc pas raccourcir systématiquement toutes les jeunes pousses. En fin d’hiver (février–mars selon les régions), contentez-vous de raccourcir les branches trop longues qui ploient sous le poids des fruits, en revenant sur du bois de deux ans bien placé, et d’éliminer quelques vieilles branches pour favoriser la naissance de nouveaux rameaux. Sur les formes palissées ou les arbres conduits bas, on peut pratiquer une taille dite « en crochet » : les rameaux ayant fructifié sont taillés à 2 à 4 yeux, qui donneront de nouvelles pousses fructifères la saison suivante. En haie fruitière libre, on espace les sujets de 4 à 6 m et on limite les interventions à de légers raccourcissements sans chercher à former une haie taillée serrée.
Les deux premières années, l’arrosage doit être régulier en l’absence de pluie, en particulier au printemps et en été : comptez un arrosage copieux une à deux fois par semaine en période sèche, en laissant le sol légèrement ressuyer entre deux apports. Une fois bien installé, le plaqueminier supporte assez bien la sécheresse, mais des arrosages espacés en été, sans détremper le sol, favorisent des fruits plus gros et une meilleure mise à fruit l’année suivante.
Côté fertilisation, un apport annuel de compost mûr ou de fumier bien décomposé au pied de l’arbre, en automne ou en fin d’hiver, suffit généralement. Étalez-le en couche mince sur la zone projetée par la couronne, sans coller au tronc, puis recouvrez éventuellement de paillage. Évitez les excès d’azote, qui stimuleraient un feuillage exubérant au détriment de la fructification et rendraient l’arbre plus sensible au froid.
Le kaki 'Sharon' se montre en général très sain et peu sensible aux maladies ou parasites. Dans les jardins français, le principal problème rencontré est la chlorose ferrique en sol calcaire, qui se manifeste par un jaunissement des feuilles avec des nervures restant vertes. Pour la prévenir, privilégiez un sol neutre à légèrement acide, enrichi régulièrement en matière organique, et, si besoin, apportez un amendement riche en fer.
Les attaques d’insectes restent rares et peu graves ; quelques oiseaux peuvent picorer les fruits blets en fin de saison. En cas de très forte charge de fruits, le danger principal vient plutôt de la casse des branches : il est alors utile de les étayer provisoirement ou de pratiquer un éclaircissage des fruits après la nouaison.
Dans les régions où les minimales hivernales descendent régulièrement sous −10 °C, les jeunes kaki 'Sharon' gagnent à être protégés pendant leurs premières années. Un paillage épais au pied limite les alternances gel/dégel sur les racines, et un voile d’hivernage autour de la ramure permet d’amortir les coups de froid les plus rudes. En pot, la motte est plus exposée : isolez le contenant du sol froid, entourez-le d’un matériau isolant et, si possible, placez-le contre un mur abrité des vents.
Le kaki 'Sharon' trouve naturellement sa place en sujet isolé dans une pelouse ou un grand massif, où son feuillage d’automne et ses fruits orange accrochant la lumière d’hiver seront bien mis en valeur. Il peut aussi intégrer un verger familial, associé à d’autres fruitiers de fin de saison, ou servir de pivot dans une haie fruitière libre. Dans les régions aux hivers doux, il s’acclimate également en jardin de ville abrité, où son port arrondi reste de dimensions raisonnables.
Ce plaqueminier apprécie particulièrement les climats méditerranéens et les zones douces de l’Ouest ou du Sud-Ouest, où l’arrière-saison chaude assure une bonne maturation des fruits. Dans la région parisienne et plus au nord, il réussit en situation bien ensoleillée et protégée, idéalement adossé à un mur exposé au sud. Pour découvrir d’autres variétés à associer ou à comparer, vous pouvez parcourir la catégorie dédiée aux kakis.
Dans un verger, le 'Sharon' se marie bien avec d’autres plaqueminiers aux comportements complémentaires : variétés astringentes plus précoces, kakis pommes à chair ferme, ou encore un plaqueminier de Virginie pour les jardins plus froids. On peut aussi l’entourer de figuiers, grenadiers nains ou oléastres pour composer une scène très méditerranéenne, renforcée par des vivaces de terrain sec (lavandes, sauges, stipas) qui mettent en valeur sa silhouette et ses couleurs d’automne.
Le kaki 'Sharon' conviendra particulièrement si vous recherchez un arbre de taille moyenne, très productif, offrant une récolte tardive de fruits fondants à consommer blets, avec une rusticité correcte jusqu’à −15 °C. Sa mise à fruit intervient en général trois à quatre ans après la plantation d’un sujet greffé, et sa production devient ensuite régulière d’une année sur l’autre.
Si vous souhaitez au contraire des fruits à déguster fermes, croquants comme des pommes, tournez-vous plutôt vers un kaki pomme comme le cultivar 'Fuyu', proposé sur le site sous l’appellation Kaki 'Fuyu', qui produit des fruits non astringents dès qu’ils sont colorés. Pour des fruits fermes commercialisés après désastringence, proches de ceux que l’on trouve sous le nom de « Persimon » en Espagne, une variété comme le plaqueminier 'Rouge brillant - persimon' (Rojo Brillante) offrira des kakis de gros calibre, à la peau rouge orangé et à très bonne aptitude à la conservation.
Plaqueminier 'Sharon' résiste jusqu’à −15 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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