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L'amandier 'Ferraduel' est une variété française issue de la sélection de l'INRA, appréciée pour sa floraison très tardive et ses amandes à coque dure pour la confiserie. Arbre vigoureux atteignant en général 4 à 6 m de haut pour 3 à 4 m d'envergure, il supporte bien la sécheresse mais redoute les sols lourds et mal drainés. Sa floraison de mars, plus tardive que la plupart des amandiers, limite les dégâts de gelées printanières, tandis que la récolte des amandes sèches se fait de mi-septembre à début octobre. Autostérile, il doit être associé à d'autres amandiers compatibles, comme Ferragnès, pour produire. Parfait pour un verger familial en climat doux, il demande surtout une bonne exposition et une taille de formation les premières années.
Originaire du bassin méditerranéen, l'amandier commun (Prunus dulcis) est un arbre de la famille des Rosacées cultivé depuis des millénaires pour ses graines oléagineuses. La sélection 'Ferraduel' a été obtenue en France, à l'INRA de Bordeaux, par croisement des variétés Cristomorto (Italie) et Aï (France). Elle s'est imposée dans les vergers du Sud par sa grande rusticité, sa floraison très tardive et la qualité de ses amandes pour la confiserie.
L'arbre présente une vigueur moyenne à forte, avec un port dressé, assez ouvert. La cime s'arrondit avec l'âge, formant un gobelet large et bien ramifié si l'on accompagne la structure par la taille. Le bois est robuste, la croissance régulière et la mise à fruit relativement rapide : en bonnes conditions, les premières récoltes significatives apparaissent souvent dès la 3e ou 4e année de plantation.
Le feuillage, caduc, se compose de feuilles étroites, lancéolées, finement dentées, d'un vert moyen en saison, jaunissant avant de tomber en automne. Avant cette feuillaison, l'arbre se couvre au mois de mars d'une profusion de fleurs blanc rosé, simples, d'environ 3 cm de diamètre, portées seules ou par petits bouquets. Chez 'Ferraduel', cette floraison survient nettement plus tard que chez beaucoup d'autres amandiers, ce qui réduit fortement le risque de destruction des fleurs par les gelées tardives.
Les fruits sont des drupes allongées, de 4 à 5 cm, d'abord vertes et veloutées. À maturité, l'écale se dessèche et s'entrouvre, laissant apparaître une coque ligneuse dure qui renferme un ou deux amandons larges et aplatis, brun foncé, à tégument assez fin. Leur goût est doux, bien sucré, avec une note caractéristique évoquant la mie de pain, recherchée pour les dragées, nougats et pâtisseries.
Les fruits de 'Ferraduel' sont réputés pour leur coque dure et épaisse, protectrice, entourée d'une enveloppe verte et veloutée qui s'ouvre lorsque l'amande est mûre. L'amandon, assez large et plutôt plat, présente une peau brun foncé assez fine. Sa chair est douce, sucrée, avec un arôme discret mais typé, souvent décrit comme rappelant la mie de pain, qui convient très bien aux préparations sucrées.
En climat de plaine méditerranéenne ou dans les zones bien abritées plus au nord, la récolte des amandes sèches intervient généralement de mi-septembre à début octobre. On cueille lorsque l'écale verte est largement fendue et sèche, et que la coque brune apparaît nettement. En verger, on gaulait traditionnellement les branches pour faire tomber les fruits sur des toiles, mais dans un jardin, une cueillette manuelle ou avec un manche est suffisante.
Les amandes fraîches, dites "en vert", peuvent se consommer en mai-juin, lorsque l'écale est encore charnue et l'amande laiteuse. Elles se gardent mal et doivent être consommées dans les jours qui suivent. Les amandes sèches, une fois séparées de l'enveloppe verte, séchées quelques jours dans un endroit aéré puis conservées en coque dans un local sec et ventilé, se gardent plusieurs mois sans rancir.
Par sa coque dure, 'Ferraduel' est particulièrement adapté aux usages de confiserie : dragées, pralines, nougat, pâte d'amande et pâtisserie fine. L'amande peut aussi être grillée, concassée ou réduite en poudre pour garnir gâteaux, biscuits et crumbles, ou entrer dans des plats salés (tajines, poissons, volailles en croûte). Comme toutes les amandes douces, ses amandons sont comestibles ; en revanche, on évitera de consommer les noyaux d'autres Prunus ou les amandes amères, qui peuvent contenir des quantités élevées d'amygdaline.
La productivité est jugée bonne, mais la variété présente une certaine tendance à l'alternance : après une année très chargée, la suivante peut être plus légère. Une taille de fructification équilibrée et un bon suivi de l'irrigation et de la nutrition aident à limiter ce phénomène.
'Ferraduel' fait partie d'une série de variétés créées dans les années 1960 par Charles Grasselly à l'INRA de Bordeaux, à partir du croisement entre l'amandier italien 'Cristomorto' et la variété française 'Aï'. L'objectif du programme était de combiner floraison tardive, rusticité, qualité de l'amande et meilleure résistance aux maladies, en particulier à la moniliose.
Introduite à la fin des années 1960, la variété s'est rapidement diffusée dans les vergers professionnels du Languedoc-Roussillon, de Provence et de Corse, en association étroite avec 'Ferragnès'. Ce « couple » est devenu une référence : 'Ferragnès' pour sa très forte productivité et sa coque plus facile à casser, 'Ferraduel' pour son rôle de pollinisateur fiable, la complémentarité de leurs floraisons très tardives et la qualité de ses amandes à coque dure pour la confiserie.
Les essais techniques la classent parmi les variétés résistantes à la moniliose et relativement tolérantes au froid sur le bois, tout en signalant une sensibilité au Fusicoccum, à la tavelure et à la maladie criblée (coryneum). Aujourd'hui encore, malgré l'arrivée de nouvelles variétés autofertiles, 'Ferraduel' reste une valeur sûre pour les amateurs qui souhaitent des amandes pour dragées, nougat et pâtisseries.
La meilleure période pour planter un amandier 'Ferraduel' en pleine terre se situe de novembre à mars, hors périodes de gel, lorsque les arbres sont en repos végétatif. En pot, la mise en place est possible quasiment toute l'année, en évitant les épisodes de fortes chaleurs ou de gel prolongé.
Choisissez une exposition pleinement ensoleillée, chaude, si possible protégée des vents froids de nord ou d'est. L'amandier valorise particulièrement les sols profonds, légers, caillouteux ou limono-sableux, bien drainés, même pauvres et calcaires. Il supporte mal les sols lourds, argileux, gorgés d'eau en hiver : dans ce cas, un apport massif de graviers et de matière organique bien décomposée, ou la plantation sur butte, est recommandé.
Creusez un trou d'au moins 50 × 50 × 50 cm, plus large en sol lourd. Ameublissez le fond, mélangez la terre extraite avec du compost mûr et un peu de sable si nécessaire. Installez un tuteur solide du côté des vents dominants avant la mise en place de l'arbre. Positionnez le sujet de façon que le point de greffe reste bien au-dessus du sol. Replacez la terre en tassant légèrement, formez une cuvette d'arrosage et arrosez abondamment, même en sol humide, pour chasser les poches d'air.
En verger, prévoyez des distances de plantation de 5 à 7 m entre les arbres suivant le porte-greffe et la forme adoptée. En jardin, un espacement de 4 à 5 m des autres arbres est un minimum pour laisser se développer la ramure et faciliter la cueillette.
La culture de 'Ferraduel' en pot est envisageable pour quelques années si l'on dispose d'une terrasse très ensoleillée et abritée. Utilisez un contenant d'au moins 50 à 60 litres, percé au fond, avec une épaisse couche de drainage (billes d'argile ou graviers) et un substrat très drainant : mélange de terre de jardin légère, de terreau et de sable grossier. Surveillez alors plus étroitement l'arrosage et la fertilisation, l'arbre ayant peu de réserve de sol.
Oui, la taille est utile pour structurer cet arbre vigoureux et maintenir un bon équilibre entre bois et fructification. Les trois à quatre premières années sont consacrées à la taille de formation, ensuite on se limite à une taille d'entretien légère, en supprimant le bois mort, les branches qui se croisent et en renouvelant une partie du bois fructifère.
L'amandier fructifie surtout sur de courts rameaux appelés bouquets de mai, portés par du bois de 2 à 3 ans, ainsi qu'à la base de certains rameaux de l'année. L'objectif de la taille est donc de conserver un maximum de ce bois fructifère bien éclairé. En fin d'hiver, hors période de gel (souvent en février dans les régions douces), raccourcissez modérément les prolongements trop vigoureux, éliminez les rejets du porte-greffe et les branches mal orientées.
Pour la formation en gobelet, pratique courante, on rabat le jeune scion à 80–100 cm de hauteur la première année pour faire naître 3 ou 4 charpentières bien réparties. Les années suivantes, on raccourcit d'un tiers ces charpentières au-dessus de bourgeons dirigés vers l'extérieur afin de les ramifier et d'ouvrir la couronne. Ensuite, la taille de fructification consiste surtout à supprimer régulièrement quelques vieilles branches épuisées pour stimuler la naissance de nouveaux bouquets de mai.
Après la récolte, une taille en vert légère peut compléter : on élimine les rameaux qui se croisent trop au centre, ceux qui restent à l'ombre et les bois manifestement malades (chancre, rameaux desséchés) en les coupant dans le bois sain.
L'amandier 'Ferraduel' est avant tout un arbre de verger ou d'ornement isolé. Sa taille adulte, sa sensibilité aux tailles répétées et son besoin de lumière ne le destinent pas à la haie taillée stricte. On peut en revanche l'intégrer dans une haie fruitière libre, espacée, en laissant à chaque arbre au moins 4 m de largeur.
Les deux à trois premières années, arrosez régulièrement en période sèche : un arrosage copieux toutes les une à deux semaines en été, plutôt qu'une humidité constante, favorise l'enracinement profond. Une fois bien installé en sol adapté, 'Ferraduel' se montre tolérant à la sécheresse et n'a besoin d'arrosage qu'en cas de sécheresse prolongée, surtout en sols très filtrants.
Au printemps, un apport annuel de compost bien mûr ou de fumier décomposé griffé en surface, sous la couronne, suffit généralement. Dans les sols pauvres, un engrais organique spécial fruitiers, riche en potasse, peut être apporté en fin d'hiver pour soutenir la floraison et la nouaison.
Cette variété présente une bonne résistance à la moniliose des fleurs et des jeunes rameaux, ce qui limite les dessèchements massifs après floraison. En revanche, elle est signalée comme sensible au chancre à Fusicoccum, à la tavelure des fruits à noyau et à la maladie criblée (coryneum), qui provoquent des taches et des perforations sur les feuilles et les fruits.
La meilleure prévention reste une bonne aération de la couronne (taille régulière), l'évitement des excès d'azote, le choix d'un emplacement bien ventilé mais non glacé, et l'élimination des rameaux très atteints. En cas d'hivers et de printemps humides, des traitements fongicides autorisés en jardin, appliqués au débourrement et à la chute des pétales, peuvent être envisagés si l'on a déjà observé de fortes attaques.
Comme tous les amandiers, 'Ferraduel' peut accueillir la guêpe de l'amande (Eurytoma amygdali) selon les régions : les fruits atteints brunissent et restent vides. Une bonne hygiène de verger (ramassage et destruction des fruits momifiés) limite les populations. Les pucerons et quelques cochenilles peuvent apparaître ponctuellement mais restent rarement un problème majeur sur un arbre bien conduit.
Le bois de l'amandier supporte des froids modérés, mais ce sont surtout les fleurs qui sont fragiles : des températures de l'ordre de −2 °C au moment de la floraison peuvent suffire à compromettre la récolte. En régions froides ou exposées aux gelées tardives, installez l'arbre contre un mur exposé au sud ou au sud-ouest, ou dans un emplacement légèrement en pente où l'air froid s'écoule. Sur un jeune sujet conduit en petite forme, un voile d'hivernage temporaire pendant les nuits les plus froides de fin d'hiver peut protéger une part de la floraison.
Avec sa floraison blanche légèrement rosée au cœur de la fin d'hiver et son feuillage léger, l'amandier 'Ferraduel' est aussi un bel arbre d'ornement. Il trouve naturellement sa place en isolé dans un petit verger ou au centre d'un massif d'arbres à noyau. Sa stature modérée permet également une plantation en lisière de potager, où il offrira un ombrage léger en été.
En climat méditerranéen ou dans les régions les plus douces de l'ouest et du sud-ouest, il peut constituer l'une des pièces maîtresses d'un verger de fruits à coque ou d'un verger familial mêlant pruniers, abricotiers et pêchers. Plus au nord ou en altitude, il demandera un emplacement très abrité : talus exposé plein sud, cour protégée ou pied de mur, où sa floraison tardive aura davantage de chances d'échapper aux gelées de mars.
Pour structurer un verger d'arbres à noyau sur le site, vous pouvez l'associer à d'autres Prunus fruitiers, comme un prunier 'Mirabelle de Nancy' pour des récoltes complémentaires en fin d'été. L'ensemble s'intègre parfaitement dans un verger de pruniers et autres fruitiers à noyau, à découvrir dans la rubrique Prunier.
Dans un jardin de climat doux, 'Ferraduel' s'accorde bien avec d'autres arbres et arbustes supportant la sécheresse et les sols calcaires : olivier, figuier, pistachier, lavandes, romarins, cistes, sauges arbustives… Leur floraison échelonnée anime le jardin du début du printemps à l'automne, tout en créant une ambiance méditerranéenne.
On peut également le marier à des bulbes de fin d'hiver (crocus, narcisses botaniques, muscaris) plantés au pied : ils fleuriront en même temps que l'amandier, sans concurrencer son enracinement. Un sous-étage de graminées ornementales peu gourmandes en eau complétera un décor naturel et léger, laissant passer la lumière jusqu'aux bouquets de mai porteurs des futures amandes.
Amandier 'Ferraduel' résiste jusqu’à −10 °C : en pleine terre dans 64 départements, avec une protection hivernale dans 24 départements et en pot dans 8 départements.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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