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Le rosier 'Chrysler Imperial' est un rosier buisson hybride de thé à grandes fleurs rouge velours, célèbre pour son parfum puissant et sa longue floraison remontante. Formant un buisson dressé d’environ 1 à 1,40 m de haut pour 70 à 110 cm d’envergure, il est rustique jusqu’à environ −18 °C en sol bien drainé. Installé de préférence au soleil, il offre, de mai aux gelées, de grandes roses très doubles de 10 à 13 cm de diamètre, portées sur de longues tiges pour la coupe. Ce rosier convient aux massifs, bordures parfumées, haies basses et grands bacs, pour des jardiniers prêts à lui offrir un entretien régulier et attentif.
Issu d’un croisement entre les rosiers 'Charlotte Armstrong' et 'Mirandy', ce cultivar a été obtenu en Californie par le rosiériste Walter Edward Lammerts et introduit au début des années 1950. Il appartient au groupe des hybrides de thé, ces rosiers buissons à grandes fleurs solitaires, typiques des jardins de bouquets. 'Chrysler Imperial' s’est imposé comme l’un des grands classiques parmi les roses rouges très parfumées.
Le buisson présente un port dressé et assez compact, avec des tiges fortement épineuses portant un feuillage caduc vert foncé, d’aspect mat à semi-brillant. À maturité, en conditions de jardin, il atteint généralement 1,00 à 1,40 m de hauteur pour 0,70 à 1,10 m de largeur, avec une croissance jugée moyenne, la taille adulte étant atteinte en 2 à 5 ans. La végétation est bien ramifiée, ce qui permet d’obtenir un arbuste florifère sans être envahissant dans un petit jardin.
Ce rosier supporte une large gamme de sols, des argilo-calcaires légers aux terres sableuses ou limoneuses, à condition qu’ils soient profonds, fertiles et bien drainés. Il apprécie une situation chaude et abritée des vents dominants, en plein soleil idéalement, où sa floraison est plus abondante et ses maladies cryptogamiques mieux contenues. Par rapport à d’autres rosiers rouges modernes, 'Chrysler Imperial' se distingue par l’intensité de sa couleur, la taille de ses fleurs et surtout un parfum parmi les plus marqués de sa catégorie.
La floraison est l’atout majeur de ce rosier. Les boutons, longs et pointus, s’ouvrent en fleurs turbinées à centre haut, typiques des hybrides de thé de coupe. Chaque fleur atteint couramment 10 à 13 cm de diamètre et porte 40 à 50 pétales épais, disposés en coupe spiralée serrée. Les fleurs apparaissent le plus souvent isolées au bout de longues tiges droites, parfois par petits groupes de 2 ou 3, ce qui en fait un excellent rosier pour bouquets.
Le coloris est un rouge très foncé velouté, avec des nuances rubis à bordeaux et un bouton presque noir au stade fermé. En s’épanouissant, la rose garde longtemps cet aspect de velours profond avant de prendre des reflets rouge violacé puis de « bleuir » légèrement en fin de vie, surtout par temps chaud. Aux heures fraîches ou à mi-ombre, la teinte reste plus sombre et intense, tandis qu’en plein soleil estival elle peut éclaircir légèrement vers un rouge cerise tout en restant soutenue.
Le parfum est réputé comme l’un des plus intenses chez les rosiers buissons modernes. Il s’agit d’un parfum de rose ancienne très riche, avec une dominante de rose de Damas, des nuances musquées et, selon les témoignages, parfois des notes plus épicées ou légèrement citronnées. L’odeur est bien perceptible plusieurs mètres autour du buisson, particulièrement par temps chaud et calme. En fleur coupée, le parfum reste puissant pendant plusieurs jours si les tiges sont mises rapidement en eau fraîche.
La floraison est remontante : une première grande vague intervient en fin de printemps ou au début de l’été, suivie de remontées régulières jusqu’aux premières gelées si les fleurs fanées sont supprimées. En climat français tempéré, on observe généralement une floraison quasi continue de mai à octobre, avec des pics marqués en juin et souvent une belle reprise en septembre.
'Chrysler Imperial' a été créé par Walter Edward Lammerts chez Armstrong Nurseries en Californie. Il est issu du croisement 'Charlotte Armstrong' × 'Mirandy', deux hybrides de thé eux-mêmes primés. Le cultivar a été introduit commercialement en 1952 et s’inscrit dans la grande vague des rosiers à grandes fleurs très parfumés de l’après-guerre.
Ce rosier doit son nom à la gamme d’automobiles de prestige Chrysler Imperial, dans le cadre d’une collaboration officielle avec la marque. Il a notamment été mis à l’honneur lors du Tournament of Roses de Pasadena en 1954, où des dizaines de milliers de fleurs couvraient un char représentant la ville de Detroit et l’industrie automobile américaine.
Au palmarès, 'Chrysler Imperial' a obtenu plusieurs récompenses internationales : médaille d’or de Portland en 1951, prestigieux label All-America Rose Selections (AARS) en 1953, distinctions de l’American Rose Society dans les années 1950 et 1960, dont le James Alexander Gamble Rose Fragrance Award en 1965, dédié aux roses au parfum très prononcé. Il a servi de parent à de nombreuses variétés célèbres comme 'Papa Meilland', 'Mister Lincoln' ou 'Oklahoma', ce qui confirme son importance dans l’histoire de la création variétale des rosiers rouges parfumés.
La période idéale de plantation en pleine terre s’étend de novembre à mars hors périodes de gel, pour les rosiers en repos végétatif. Un rosier en pot de 5 L peut toutefois être planté quasiment toute l’année, en évitant les épisodes de forte chaleur ou de gel prolongé, à condition d’assurer un arrosage suivi après la mise en place.
Choisissez un emplacement en plein soleil, abrité des vents dominants, dans un sol profond, souple et bien drainé. Travaillez la terre sur au moins 30 à 40 cm de profondeur et mélangez-la avec du compost mûr ou un bon terreau de plantation et un engrais organique spécial rosiers. Placez le point de greffe (ou le collet s’il est sur ses propres racines) 3 à 5 cm sous le niveau du sol fini, rebouchez en tassant légèrement puis arrosez abondamment pour chasser les poches d’air.
Espacez les rosiers 'Chrysler Imperial' d’environ 50 cm en massif ou en haie basse, ce qui correspond à 2 à 3 pieds par mètre carré. Un paillage organique (copeaux de bois, compost mûr, feuilles broyées…) sur 5 à 7 cm d’épaisseur limite l’évaporation, maintient la fraîcheur du sol et freine les adventices, tout en diminuant la fréquence des arrosages.
Ce rosier se prête bien à la culture en bac sur balcon ou terrasse, à condition de lui offrir un volume suffisant et des apports d’eau et d’engrais réguliers. Utilisez un bac profond d’au moins 5 à 7 litres pour un jeune sujet, plus large pour une culture durable, percé de bons trous de drainage et garni d’une couche de matériau drainant (billes d’argile, graviers) au fond.
Remplissez avec un mélange riche et léger : terreau spécial rosiers ou terreau universel de qualité mélangé à 20 à 30 % de compost mûr et un peu de sable grossier si nécessaire. Placez le rosier au soleil, en tenant compte des microclimats de la terrasse (murs chauds, vent). En pot, la motte sèche très vite : surveillez l’humidité et arrosez dès que les premiers centimètres du substrat sont secs, sans laisser d’eau stagner dans la soucoupe.
Oui, comme tous les hybrides de thé, ce rosier demande une taille annuelle en fin d’hiver pour rester vigoureux et bien florifère. Sans taille, le buisson se dégarnit à la base, produit moins de grandes fleurs et devient vite un enchevêtrement de bois âgé et peu productif.
La taille principale s’effectue de fin février à mars selon les régions, une fois les fortes gelées passées mais avant le démarrage franc de la végétation. Commencez par supprimer au ras du sol le bois mort, malade ou malingre, ainsi que les rameaux qui se croisent au centre du buisson. Conservez 3 à 5 tiges vigoureuses bien réparties.
Sur ces charpentières, rabattez les pousses de l’année précédente en conservant en général 3 à 5 yeux par tige, soit souvent entre 15 et 30 cm au-dessus du point de greffe pour un sujet bien établi. Taillez nettement en biseau à environ 5 mm au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur. Tout au long de la saison, supprimez les fleurs fanées en coupant juste au-dessus d’une feuille bien formée pour stimuler les remontées florales. Ce rosier fleurit principalement sur le bois de l’année.
En raison de son port buissonnant dressé et de sa floraison remontante, 'Chrysler Imperial' peut constituer une haie basse ou une bordure parfumée. Comptez une hauteur de haie de 80 à 120 cm et une distance de plantation de 40 à 50 cm entre les pieds. Une taille de formation identique à celle d’un massif (3 à 5 tiges principales rabattues court en fin d’hiver) permet de garder la base bien garnie et de conserver une ligne régulière tout en profitant des grandes fleurs.
Les deux premières années, arrosez profondément une à deux fois par semaine en période sèche, au pied du rosier, de préférence le matin, afin que l’eau pénètre bien jusqu’aux racines. Un rosier bien enraciné en pleine terre se contente ensuite d’un arrosage copieux hebdomadaire en cas de sécheresse prolongée, en adaptant la fréquence à la nature du sol et au climat. Évitez de mouiller le feuillage pour limiter le développement de maladies.
Apportez chaque année, en fin d’hiver, une bonne poignée d’engrais organique spécial rosiers ou un engrais complet, griffé légèrement en surface, puis complétez par un second apport plus léger en début d’été après la première grande floraison. Un paillage organique renouvelé régulièrement nourrit progressivement le sol et stabilise l’humidité.
La résistance aux maladies de 'Chrysler Imperial' est jugée moyenne. En climat humide et frais, ce rosier peut être sensible à la tache noire (marsonia) et à l’oïdium, surtout en situation confinée. Privilégiez un emplacement bien aéré, évitez les arrosages sur le feuillage et ramassez les feuilles malades tombées au sol pour limiter l’inoculum.
Des pulvérisations préventives de décoctions de prêle ou de préparations à base de bicarbonate peuvent aider à contenir les attaques, en complément d’une bonne hygiène culturale. Surveillez également la présence de pucerons, de chenilles ou de larves de tenthrèdes sur les jeunes pousses et les boutons ; une pulvérisation d’eau savonneuse douce ou un écrasement manuel suffisent souvent dans un jardin entretenu régulièrement.
Dans la plupart des régions françaises de plaine, ce rosier supporte les hivers ordinaires sans protection particulière, à condition que le sol soit bien drainé. En climat montagnard ou très continental, ou sur un balcon exposé au vent froid, un paillage plus épais au pied (10 cm de feuilles mortes ou de compost) et un buttage léger autour du point de greffe sécurisent la reprise. En pot, rapprochez les bacs d’un mur abrité et isolez le contenant du sol avec des cales en bois ou un matériau isolant.
Ce rosier buisson à grandes fleurs trouve naturellement sa place en sujet isolé dans un petit massif, en groupe de 3 ou 5 pieds pour former un massif monochrome très parfumé, ou en bordure le long d’une allée ou près d’une terrasse où l’on profite de son parfum. Sa floraison remontante et ses longues tiges en font également un excellent rosier de jardin pour les bouquets, avec des fleurs tenant bien en vase lorsqu’elles sont coupées au stade de bouton bien coloré.
Planté en haie basse, il crée un alignement rouge velouté très décoratif en saison, à condition de le tailler régulièrement. Il s’intègre bien dans les jardins de style classique, romantique ou de cottage, mais aussi dans des compositions contemporaines où son rouge profond contraste avec des feuillages gris ou pourprés. Dans les régions méditerranéennes ou très chaudes, on privilégiera un emplacement ensoleillé mais pas brûlant l’après-midi, avec un sol maintenu frais par le paillage.
Pour découvrir d’autres variétés de la même catégorie, vous pouvez composer un massif de rosiers buissons à grandes fleurs en associant plusieurs cultivars rouges, roses ou bicolores aux périodes de floraison proches.
Les fleurs rouge foncé velouté de 'Chrysler Imperial' se marient bien avec des vivaces à feuillage argenté comme les armoises, les lavandes ou les stachys, qui éclairent la scène et renforcent l’effet de profondeur. Des graminées ornementales légères (Stipa tenuissima, Pennisetum de petite taille) apportent du mouvement et allègent la masse du rosier en fin d’été.
On peut aussi l’associer à des vivaces aux floraisons blanches ou crème (gauras, gypsophiles, anthemis), ou à des nepeta et géraniums vivaces bleus qui soulignent le caractère chaud de son rouge. En pot, un simple entourage de plantes retombantes (lierre, dichondra, bacopa blanc) met en valeur la forme du buisson sans lui faire concurrence.
Si vous recherchez une rose rouge très sombre, presque noire, avec un parfum plus discret et un buisson un peu plus compact, le rosier 'Black Baccara' constitue une alternative intéressante. 'Chrysler Imperial' offre en revanche un rouge légèrement plus lumineux, une stature un peu plus haute et surtout un parfum nettement plus puissant.
Pour un jardin où le parfum et la coupe de fleurs priment, 'Chrysler Imperial' reste un choix de premier plan. Pour une scène davantage centrée sur l’effet de couleur sombre et la tenue en vase très longue, un rosier comme 'Black Baccara' peut compléter utilement la collection.
Rosier 'Chrysler imperial ' résiste jusqu’à −18 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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