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Le noyer hybride NG23 Lataule est un noyer à bois et à noix très vigoureux, issu d’un croisement entre le noyer noir d’Amérique et le noyer commun. Sélectionné pour la qualité de son bois et sa croissance rapide, il forme à terme un grand arbre de 20 à 30 m de haut au large houppier. Rustique autour de −25 °C, il apprécie le plein soleil et les sols profonds, fertiles et bien drainés. Sa floraison en chatons au printemps donne des noix récoltées en automne, tout en produisant un tronc droit recherché en ébénisterie. Ce noyer s’adresse aux grands jardins, vergers de rapport, projets d’agroforesterie ou plantations de bois d’œuvre, pour les jardiniers prêts à lui offrir de l’espace et un entretien sérieux les premières années.
Le noyer hybride NG23 Lataule appartient à la famille des Juglandacées. Il s’agit d’un hybride interspécifique entre le noyer noir (Juglans nigra) et le noyer commun (Juglans regia), classé sous le nom de Juglans × intermedia, plus précisément la lignée NG23. Le qualificatif « Lataule » renvoie au verger à graines français de Neufvy-sur-Aronde (Oise), reconnu au niveau européen, dont proviennent les semences certifiées de cette lignée.
En vieillissant, ce noyer développe un port de grand arbre de haut jet : tronc puissant, assez droit, couronne large et arrondie à ovalisée, bien équilibrée. À maturité, selon la qualité du sol et le climat, il atteint couramment 20 à 30 m de hauteur, voire davantage sur plusieurs décennies, pour une envergure de 12 à 15 m. Sa croissance juvénile est nettement plus rapide que celle d’un noyer commun issu de semis, ce qui en fait un excellent candidat pour la production de bois d’œuvre de qualité.
Le feuillage est caduc, composé de grandes feuilles imparipennées rappelant celles du noyer noir : chaque feuille porte de nombreuses folioles lancéolées, vert moyen à vert foncé, qui forment en été une ombre dense et fraîche. À l’automne, le feuillage jaunit puis brunit rapidement avant de tomber. L’écorce, d’abord gris brun lisse, se fissure progressivement avec l’âge en reliefs décoratifs.
Par rapport au noyer commun, NG23 Lataule se distingue par une meilleure résistance au froid hivernal, un débourrement plus tardif limitant les dégâts de gelées printanières, une croissance plus rapide et un comportement plus « forestier » (houppier droit, bonne dominance apicale). Le bois cumule les qualités esthétiques du noyer commun et la vigueur du noyer noir, tandis que les noix, à brou épais, restent un bonus plutôt qu’un objectif principal.
Ce noyer hybride a été développé avant tout pour la production de bois d’œuvre. Son bois est dense, veiné et coloré, très proche de celui du noyer commun mais avec des croissances annuelles plus régulières et un fût plus rectiligne, apprécié en ébénisterie, tournage, placage ou menuiserie haut de gamme. Des études de croissance en plantations forestières montrent qu’un NG23 bien installé peut atteindre des diamètres de tronc impressionnants au bout de quelques décennies, avec des volumes de bille très élevés.
La vigueur juvénile est l’un de ses grands atouts : en bon sol, les jeunes arbres gagnent rapidement en hauteur et en diamètre, ce qui permet d’envisager une récolte de bois de qualité en un délai plus court qu’avec un noyer commun traditionnel. Les hybrides comme NG23 supportent aussi un peu mieux les épisodes de sécheresse modérée et la présence de calcaire actif que le noyer noir pur, tout en restant exigeants en eau et en fertilité.
Côté fruits, NG23 Lataule produit des noix enveloppées d’un brou épais et d’une coque généralement plus dure et nervurée que celles du noyer commun. La mise à fruit est réputée assez rapide pour un noyer de semis, avec des premières récoltes significatives autour de 10 ans selon le climat et la conduite de l’arbre. Les noix se ramassent en automne, en général de fin septembre à octobre, quand le brou commence à se fendre et que les fruits tombent au sol.
La production de noix peut être correcte, notamment chez les sujets bien ensoleillés et accompagnés d’autres noyers assurant une bonne pollinisation. Toutefois, ces noyers hybrides restent avant tout des « noyers à bois » : la régularité des récoltes, la taille des noix et la facilité de cassage sont en général moins intéressantes que chez les grandes variétés fruitières (Fernor, Chandler, Franquette, etc.). On les choisit donc pour conjuguer un bois de haute valeur avec une récolte familiale de noix plutôt qu’un verger intensif.
Comme tous les noyers, NG23 Lataule est monoïque et anémophile : les fleurs mâles et femelles ne sont pas toujours réceptives au même moment sur un arbre donné. Pour sécuriser la mise à fruit, il est fortement conseillé de planter au moins un autre noyer à proximité, par exemple un noyer commun greffé comme le noyer 'Fernor', ou un autre noyer de semis, à une distance de 20 à 40 m.
La lignée NG23 est issue d’un programme de sélection conduit en France à partir des années 1950. Le clone femelle de noyer noir NG23 a été repéré et retenu pour son excellente vigueur et la qualité de son port, puis croisé avec des noyers communs sélectionnés, donnant naissance à l’hybride Juglans nigra 23 × Juglans regia (souvent noté NG23 × RA).
Pour produire des semences homogènes, plusieurs vergers à graines ont été installés en France. Le verger NG23-Lataule, implanté dans l’Oise à la fin des années 1980, est l’un des premiers et des plus connus. Il rassemble des clones de noyer noir NG23 pollinisés par différents clones de noyer commun sélectionnés pour la qualité de leur bois. Les noix récoltées dans ce verger donnent les plants commercialisés sous le nom de « noyer hybride NG23 Lataule », appréciés dans de nombreux pays européens pour les boisements à haute valeur ajoutée.
La meilleure période pour planter un noyer hybride NG23 Lataule en racines nues va de novembre à mars, hors périodes de gel et de sol détrempé. En pot, la plantation peut s’étendre un peu plus largement, en évitant les fortes chaleurs. Choisissez une parcelle en plein soleil, abritée des vents les plus violents, à une altitude inférieure à 800 m, avec un sol profond (au moins 1 m), bien structuré et capable de rester frais en été sans être gorgé d’eau.
Évitez les terres très superficielles, caillouteuses, argileuses compactes ou sujettes à l’engorgement prolongé, ainsi que les stations très sèches. Un sol limono-argileux riche, à pH compris grosso modo entre 5,5 et 8, convient particulièrement bien. Ameublissez le sol sur une large zone avant plantation, ouvrez un trou largement dimensionné (au moins 80 cm de côté), installez un ou deux tuteurs solides au vent dominant, puis positionnez le plant de façon que le collet affleure le niveau du sol fini.
Rebouchez avec la terre extraite, éventuellement enrichie de compost bien mûr mais sans excès d’azote. Tassez soigneusement, formez une cuvette d’arrosage et apportez un arrosoir ou deux d’eau pour bien mettre la terre en contact avec les racines. Un paillage organique épais (broyat de branches, paille, feuilles bien décomposées) aidera à conserver l’humidité et à limiter la concurrence des herbes, à laquelle les jeunes noyers sont très sensibles.
En isolé ou en lisière de propriété, prévoyez un dégagement d’au moins 10 à 12 m autour de l’arbre pour son développement futur. Pour des alignements ou des plantations de production de bois, les espacements courants se situent autour de 4 à 7 m entre les arbres dans la ligne, selon que l’on vise plutôt un peuplement serré ou des sujets très individualisés à grand houppier.
La culture en pot n’est envisageable que de manière transitoire, le temps de faire grossir un jeune plant en pépinière privée. À cause de sa vigueur et de sa taille adulte, ce noyer doit impérativement être installé en pleine terre pour s’exprimer correctement. Si vous le conservez quelques années en bac, utilisez un grand contenant (au moins 50 à 80 litres), un substrat profond et drainant, et surveillez étroitement l’arrosage.
Ce noyer supporte bien les tailles de formation et d’élagage léger, mais apprécie peu les tailles sévères répétées. On intervient surtout pour former un tronc droit dépourvu de grosses branches basses, en élaguant progressivement, plutôt que pour contenir la hauteur. L’arbre est ensuite conduit en port libre, sans tailles annuelles systématiques.
La fructification se forme, comme chez les autres noyers, sur les rameaux de l’année précédente. Pour préserver la récolte, évitez de raccourcir inutilement les extrémités porteuses de bouquets de bourgeons floraux. La taille des noyers à bois se fait idéalement entre mi-juin et mi-juillet, sur des sujets bien vigoureux : la circulation de sève est alors maximale, les plaies cicatrisent mieux et l’on limite l’apparition de gourmands tout en conservant une bonne mise à fruit.
Le noyer hybride NG23 Lataule peut participer à une haie libre de hauts arbres ou à un brise-vent champêtre, mais il ne convient pas aux haies taillées basses. En alignement le long d’un chemin, d’une parcelle agricole ou d’un grand verger, espacez les arbres de 7 à 10 m, en prévoyant la largeur future de la couronne et l’ombre dense qu’ils projettent.
Les trois à cinq premières années, arrosez copieusement mais espacés en période sèche (par exemple 20 à 30 litres tous les 10 à 15 jours en été, selon la météo et la nature du sol), en laissant le sol ressuyer entre deux apports. Une fois bien enraciné, ce noyer ne réclame plus d’arrosage en climat français tempéré, sauf sécheresse très prolongée sur sol léger.
Côté fertilisation, un apport annuel de compost mûr ou de fumier bien décomposé étalé en couronne au pied, à l’automne ou en fin d’hiver, suffit généralement. Évitez les engrais très azotés qui favorisent un bois trop tendre et des pousses fragilisées face au vent ou au froid.
NG23 Lataule montre globalement une bonne robustesse, avec un risque d’attaques fongiques et bactériennes souvent jugé un peu plus faible que chez le noyer commun. En climat humide, il peut toutefois être concerné, comme les autres noyers, par la bactériose, l’anthracnose ou des chancres, ainsi que par le carpocapse dont les larves pénètrent dans les noix.
En prévention, gardez un sol bien drainé, évitez les blessures inutiles sur le tronc, ramassez et éliminez les fruits véreux ou momifiés et les feuilles très tachées en fin de saison. Surveillez également la présence éventuelle d’Armillaire dans les sols déjà touchés par ce champignon lignivore, même si les hybrides nigra × regia y sont généralement un peu moins sensibles que le noyer commun.
Le noyer hybride NG23 Lataule trouve naturellement sa place dans les grands jardins, les vergers de rapport, les exploitations agricoles souhaitant associer arbres et cultures (agroforesterie) ou les plantations de bois d’œuvre. Son houppier large offre une ombre dense en été, et son système racinaire puissant contribue à structurer les sols profonds. Il s’inscrit aussi dans la catégorie … de notre pépinière dédiée aux noyers.
Comme tous les noyers, il produit de la juglone, un composé allélopathique qui peut freiner la croissance de certaines plantes sensibles dans son voisinage immédiat. Évitez donc d’installer un potager ou des massifs de plantes acidophiles (rhododendrons, azalées…) sous son couvert, et réservez-lui un espace dégagé où il pourra se développer sans concurrence.
Pour composer un paysage cohérent, on peut l’associer à d’autres grands feuillus tolérant bien sa présence, comme des frênes, érables champêtres, tilleuls ou alisiers, en ménageant des vues et des clairières. Sous son ombre légère les premières années, des couvre-sols robustes (lierre, pervenche, heuchères tolérantes) ou des bulbes naturalisés peuvent prendre place, à condition de garder une zone dégagée autour du tronc.
Dans un verger ou une plantation d’alignement, NG23 Lataule peut être accompagné d’un ou plusieurs noyers communs greffés, choisis pour leurs qualités fruitières. Vous pouvez par exemple combiner ce noyer à bois avec un noyer commun issu de semis ou greffé afin de diversifier les usages (bois, noix de bouche) et d’améliorer la pollinisation croisée.
Pour structurer un ensemble bocager, mariez-le à d’autres arbres à bois de qualité comme le chêne sessile, le merisier ou le tilleul à grandes feuilles. Au jardin d’agrément, prévoyez des arbustes décoratifs à distance de son pied (cornouillers, viornes, lilas) pour apporter des floraisons complémentaires sans souffrir de son ombre et de la juglone.
Le noyer hybride NG23 Lataule convient aux jardiniers et propriétaires fonciers qui recherchent d’abord un arbre de grande taille pour le bois d’œuvre, avec en bonus une récolte familiale de noix et une bonne rusticité au froid. Il demande de l’espace, un sol de qualité et quelques années de soins attentifs, mais offre en retour un tronc de grande valeur.
Si votre priorité est la production régulière de noix de table à coque fine et faciles à casser, orientez-vous plutôt vers un noyer commun greffé (Franquette, Fernor, Chandler, Lara…) ou vers un noyer commun de semis comme le noyer commun. Ceux-ci restent généralement un peu moins hauts et sont sélectionnés en priorité pour la qualité et la quantité de leurs fruits, là où NG23 met l’accent sur la croissance et le bois.
Noyer hybride 'Ng23 lataule' résiste jusqu’à −25 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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