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Le Kiwi (Actinidia chinensis) est une grande liane fruitière vigoureuse qui habille rapidement pergolas et tonnelles tout en offrant, en automne, une généreuse récolte de fruits riches en vitamine C. Capable d’atteindre 6 à 10 m de long pour 3 à 4 m d’envergure, ce grimpant caduc supporte des froids proches de −12 °C s’il est planté au soleil, en sol profond, humifère et non calcaire. Sa floraison parfumée de mai à juin, suivie d’une récolte de mi-octobre à début novembre, en fait une plante de choix pour créer une ombre légère et gourmande. Avec un support solide, un arrosage régulier et une taille simple mais suivie, vous profiterez pendant des décennies de fruits savoureux à chair verte ou jaune, à croquer frais ou à transformer.
Originaire de nombreuses provinces du sud et du centre de la Chine, l’actinidie de Chine est une liane ligneuse à croissance rapide, issue de la famille des Actinidiacées. Ses tiges volubiles s’enroulent d’elles-mêmes autour des fils et poutres, formant avec le temps un véritable plafond végétal. En culture, un pied bien conduit atteint facilement 6 à 10 m de longueur sur 3 à 4 m de large, ce qui impose de lui réserver un support robuste et de l’espace en hauteur comme en largeur.
Le feuillage, caduc, est l’un de ses grands atouts décoratifs. Les feuilles, larges (souvent 10 à 15 cm), ovales à en forme de cœur, sont vert vif, très nervurées et bordées de petites dents. Le revers et les jeunes pousses sont couverts d’un duvet roux qui donne à la végétation un aspect très doux au printemps. En automne, les feuilles jaunissent puis chutent, laissant apparaître l’architecture des charpentières et facilitant la récolte.
Cette espèce est dioïque : chaque plant est soit mâle, soit femelle, et il faut combiner les deux sexes pour obtenir des fruits, sauf dans le cas de variétés horticoles autofertiles particulières. Par rapport au kiwi vert classique (Actinidia deliciosa), les formes cultivées d’Actinidia chinensis se distinguent par des fruits à peau plus lisse et, pour de nombreux cultivars, une chair jaune doré plus douce et sucrée, avec une acidité moindre. En revanche, elles sont en général un peu moins rustiques et réclament une exposition très abritée dans les régions aux hivers marqués.
Les fruits d’Actinidia chinensis sont des baies ovoïdes de 4 à 6 cm de long, à peau brun clair assez fine, couverte de courts poils roussâtres qui s’atténuent à maturité. Selon les formes sauvages ou cultivées, la chair est vert tendre ou jaune doré, parfois éclaircie au centre, toujours ponctuée d’une couronne de petites graines noires. Les sélections horticoles issues de cette espèce sont appréciées pour leur chair douce, très parfumée, avec un équilibre agréable entre sucre et acidité, et une teneur élevée en vitamine C et en composés antioxydants.
La floraison intervient en mai-juin, ce qui limite le risque de gel par rapport à des fruitiers plus précoces, mais les fleurs restent sensibles aux froids inférieurs à −2/−4 °C. La fructification se fait sur le bois de l’année, porté par des rameaux d’un an issus des charpentières. En France, la récolte se situe en général de mi-octobre à début novembre, selon le climat et la précocité du cultivar. On cueille les kiwis encore fermes, juste avant les fortes gelées : ils termineront leur maturation en stockage, dans une pièce fraîche ou un local ventilé.
Les fruits se conservent plusieurs semaines, voire quelques mois, dans un endroit frais (cave, cellier non gelé) ou au réfrigérateur. Pour accélérer le mûrissement, il suffit de placer quelques kiwis avec des pommes ou des bananes bien mûres dans un sac en papier : l’éthylène émis ramollit rapidement la chair. Un fruit prêt à consommer est souple sous la pression du doigt, sans être mou. Au verger ou au jardin, un seul pied femelle adulte correctement pollinisé produit vite une quantité importante de fruits : prévoyez de la place en cave… et quelques recettes.
En cuisine, les kiwis de cette espèce se dégustent principalement frais, à la cuillère ou en quartiers dans des salades de fruits. Leur chair aromatique supporte bien la congellation en morceaux pour l’usage en smoothies. Ils se prêtent aussi à la confection de confitures, coulis, sorbets et chutneys, en profitant de leur parfum marqué et de leur bonne teneur en pectine et en acidité. Les fruits jaunes, plus doux et sucrés, sont souvent recherchés pour la consommation de table, tandis que les formes à chair verte se marient bien aux préparations plus acidulées.
Côté pollinisation, l’espèce est strictement dioïque : les fleurs mâles et femelles poussent sur des pieds distincts. Pour une bonne nouaison, comptez en jardin particulier un pied mâle pour 3 à 5 femelles, ou jusqu’à 6 femelles en situation très abritée et bien visitée par les abeilles. Les fleurs ne produisent pas de nectar, mais le pollen et le « pseudopollen » des fleurs femelles attirent efficacement abeilles domestiques et autres pollinisateurs. Un pied mâle compatible d’Actinidia chinensis ou d’Actinidia deliciosa, comme les classiques mâles de verger, suffit en général à féconder plusieurs femelles si les floraisons coïncident.
L’actinidie de Chine est connue depuis longtemps dans les régions montagneuses du centre et du sud de la Chine, où ses fruits sauvages étaient récoltés sous divers noms vernaculaires, dont « míhóutáo », littéralement « pêche de singe ». L’espèce a été décrite au XIXᵉ siècle sous le nom d’Actinidia chinensis Planch., et ses nombreuses formes naturelles ont ensuite servi de base à la sélection de variétés à gros fruits. C’est l’une de ces formes, aujourd’hui classée comme Actinidia chinensis var. deliciosa, qui a été introduite en Nouvelle-Zélande au début du XXᵉ siècle et a donné naissance à la kiwiculture moderne.
En Europe, les actinidias sont introduites au début du XXᵉ siècle comme curiosités ornementales, puis plantées au Jardin des Plantes de Paris dans les années 1920. La distinction entre les kiwis verts à peau très velue (actuellement rattachés à A. chinensis var. deliciosa) et les kiwis jaunes à peau plus lisse (formes de A. chinensis var. chinensis) ne se généralise que tardivement, à mesure que de nouvelles sélections dorées sont mises sur le marché et différenciées dans les cahiers des charges professionnels. Aujourd’hui, Actinidia chinensis est reconnue comme l’espèce de référence pour les kiwis jaunes, tandis qu’Actinidia arguta et Actinidia kolomikta fournissent les mini-kiwis plus rustiques.
La meilleure période de plantation se situe à l’automne, d’octobre à novembre, lorsque le sol est encore chaud et que la plante peut commencer à s’enraciner avant l’hiver. En climat à hiver rigoureux, on peut aussi planter au printemps, de mars à mai, en évitant tout risque de gel tardif marqué. Choisissez un emplacement bien ensoleillé, orienté de préférence sud ou sud-est, à l’abri des vents dominants qui dessèchent les jeunes pousses et peuvent casser les cannes chargées de fruits.
Le sol doit être profond, riche et maintenu frais toute l’année. Évitez autant que possible les terres calcaires et compactes qui favorisent la chlorose et l’asphyxie des racines. Ameublissez largement le sol sur au moins 50 cm de diamètre et 40 à 50 cm de profondeur, incorporez un apport généreux de compost mûr ou de fumier bien décomposé, puis installez la motte de façon à ce que le collet affleure juste au niveau du terrain fini. Arrosez copieusement (10 à 15 litres par plant) et paillez ensuite pour conserver l’humidité.
Prévoyez un espacement minimal de 3 à 4 m entre deux pieds, qu’ils soient mâles ou femelles. Sur de grandes pergolas ou des treilles en T, on laisse souvent un plant tous les 4 à 5 m, chaque pied occupant une travée entière grâce à ses charpentières palissées de part et d’autre. Le support doit être très solide : câbles en acier, pergola métallique ou ossature bois dimensionnée pour supporter plusieurs centaines de kilos de végétation et de fruits.
La culture en bac est envisageable si vous disposez d’une terrasse en climat doux, mais elle demande davantage de vigilance qu’en pleine terre. Choisissez un contenant percé d’au moins 50 à 70 litres (diamètre 40 cm minimum et profondeur 50 à 60 cm), rempli d’un mélange drainant : terreau de plantation, compost mûr et fraction minérale (pouzzolane, gravier). Assurez un drainage de fond avec une couche de billes d’argile ou de gravier.
Installez immédiatement un système de palissage (treillis, câbles fixés à un mur, pergola) et veillez à ce que le pot ne se dessèche jamais complètement en été. En région froide, rapprochez le bac d’un mur abrité et entourez le contenant d’un isolant (voile d’hivernage, carton, paillage épais) pour protéger les racines lors des fortes gelées.
Oui, la taille est indispensable pour canaliser la vigueur du kiwi, assurer une bonne lumière dans la végétation et renouveler le bois fructifère. Sans taille, la liane produit surtout du feuillage, les fruits restent petits et difficiles à récolter, et la plante finit par former un enchevêtrement de tiges peu productives. La taille se pratique chaque année en fin d’hiver et en été, de façon similaire à une vigne.
Le kiwi fructifie sur les rameaux de l’année nés sur du bois d’un an, lui-même porté par les charpentières. La taille de fructification d’hiver s’effectue en général entre janvier et février, hors période de gel, une fois les feuilles tombées. On raccourcit alors les rameaux qui ont porté des fruits l’année précédente à 2 ou 3 yeux au-delà de la dernière insertion de fruit, afin de conserver le bois d’un an et d’y provoquer l’émission de nouveaux rameaux porteurs de fleurs.
En même temps, on élimine le bois mort, cassé ou mal placé, on éclaircit les enchevêtrements et on renouvelle progressivement les charpentières les plus âgées en favorisant de jeunes pousses vigoureuses. En été, vers juin-juillet, une taille « en vert » consiste à pincer ou raccourcir les rameaux au-dessus du dernier groupe de fruits (en laissant 4 à 5 feuilles) pour concentrer la sève, limiter l’ombrage et améliorer le calibre et la teneur en sucre. Sur les pieds mâles, la taille peut être un peu plus sévère après floraison, en réduisant simplement les rameaux trop longs pour contenir la vigueur.
Durant les deux premières années, arrosez régulièrement pour maintenir le sol frais sans le détremper. En période chaude, comptez un arrosage en profondeur une à deux fois par semaine en l’absence de pluie, en laissant le sol ressuyer entre deux apports. Un paillage organique épais limite les à-coups hydriques et protège les racines superficielles. Une fois bien enraciné, le kiwi supporte mieux de courts épisodes secs, mais la fructification souffre vite des sécheresses prolongées.
C’est une plante gourmande : chaque automne ou au début du printemps, apportez une belle couche de compost mûr au pied, complétée si besoin par un engrais organique riche en potasse et magnésium. Évitez les excès d’azote en deuxième moitié de saison, qui augmentent la vigueur au détriment de la qualité de conservation des fruits et rendent la plante plus sensible aux maladies.
En sol sain et bien drainé, l’actinidie de Chine reste globalement robuste, mais plusieurs problèmes peuvent apparaître. Le chancre bactérien du kiwi (Pseudomonas syringae pv. actinidiae, Psa) est aujourd’hui la principale menace dans les vergers professionnels : il provoque des nécroses sur les tiges, des écoulements gommeux et un dépérissement progressif des cannes. Au jardin, on limite le risque en évitant les tailles par temps humide, en désinfectant les outils, en supprimant les bois manifestement atteints et en veillant à une bonne aération de la ramure.
Dans les sols lourds et gorgés d’eau, des pourritures racinaires peuvent survenir, entraînant un dépérissement et une chute prématurée des feuilles. Les acariens (araignées rouges) et quelques insectes piqueurs peuvent aussi provoquer des décolorations du feuillage, surtout en situation très chaude et sèche. Le mieux reste la prévention : sol drainant, arrosages raisonnés, diversification des plantes pour accueillir les auxiliaires, et taille régulière pour que le feuillage sèche vite après la pluie.
Un sujet adulte bien implanté supporte des gelées de l’ordre de −10 à −12 °C, mais les jeunes plants et surtout les bourgeons au printemps sont plus vulnérables. Dans les régions à hivers froids, paillez généreusement le pied en automne et, les trois ou quatre premières années, entourez le tronc d’un manchon de paille ou d’un voile d’hivernage. En cas d’annonce de gel tardif pendant la floraison, un voile léger temporairement posé sur la végétation peut limiter les dégâts sur les fleurs.
Grâce à sa croissance rapide et à son feuillage abondant, l’actinidie de Chine est parfaite pour couvrir une pergola au-dessus d’une terrasse, une tonnelle au jardin ou une solide treille adossée à un mur exposé au sud. Elle crée une ombre fraîche en été, puis laisse passer la lumière en hiver lorsque les feuilles sont tombées. Palissée sur grillage, elle compose aussi de belles haies fruitières libres qui structurent potagers et vergers familiaux.
Ce kiwi se plaît particulièrement dans les régions à climat océanique ou doux (façades atlantique et méditerranéenne, zones collinéennes abritées), où les gelées printanières sont rares et où le sol reste naturellement frais. En climat plus continental, installez-le contre un mur bien exposé qui restituera la chaleur et réduira les risques de gel des fleurs. Pour explorer d’autres variétés ou compléter votre plantation, consultez la rubrique kiwi de notre pépinière en ligne.
Dans un verger familial, associez l’actinidie de Chine à d’autres lianes fruitières à exigences similaires, comme une vigne bien choisie ou un kiwaï (Actinidia arguta) plus rustique, pour étaler les récoltes et les couleurs de fruits. En bordure de pergola, des petits fruits de sol frais (framboisiers, groseilliers) profiteront de l’ombre légère tout en complétant les récoltes estivales et automnales.
Côté ornement, des vivaces aimant les sols riches et frais, comme les hostas ou certaines fougères, peuvent être plantées au pied pour habiller la base souvent nue de la liane tout en maintenant une bonne humidité. Évitez en revanche les plantes très gourmandes en eau en concurrence directe avec les racines superficielles du kiwi.
Actinidia chinensis convient aux jardiniers qui recherchent des kiwis à chair souvent jaune et à saveur plus douce que le kiwi vert classique, au prix d’une rusticité un peu moindre. Si vous souhaitez avant tout le gros kiwi vert robuste et tardif, tournez-vous plutôt vers un cultivar d’Actinidia deliciosa comme le kiwi 'Hayward', plus tolérant au froid mais à chair plus acidulée.
En situation très froide ou si vous manquez de place, un kiwaï (Actinidia arguta) offre des fruits plus petits à peau lisse comestible, mais une rusticité bien supérieure (jusqu’à −25 °C pour certains cultivars) et une culture plus facile en grand bac. À l’inverse, si votre priorité est la couleur et la douceur, les sélections modernes d’Actinidia chinensis restent la meilleure option pour obtenir, sous climat adapté, de beaux fruits dorés et parfumés.
Kiwi résiste jusqu’à −12 °C : en pleine terre dans 88 départements et avec une protection hivernale dans 8 départements.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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