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Le Camellia × williamsii 'Charles Colbert' est un grand arbuste persistant de terre de bruyère, apprécié pour ses nombreuses fleurs semi-doubles rose amarante, portées de février à avril. Haut de 3 à 4 m à maturité pour 2 à 3 m d’envergure, il forme un écran dense au feuillage vert foncé brillant. Rustique jusqu’à environ −15 °C et adapté à la mi-ombre abritée, il supporte bien les hivers doux de la façade atlantique comme les jardins plus frais, à condition d’avoir un sol acide et frais. Peu exigeant une fois installé, il convient aussi bien en isolé qu’en haie libre ou en grand bac, pour offrir chaque fin d’hiver une floraison généreuse et lumineuse.
Issu du groupe des Camellia × williamsii, hybrides entre Camellia japonica et C. saluenensis, 'Charles Colbert' combine la floribondité et la bonne rusticité de ces camélias modernes avec une silhouette élancée. L’arbuste adopte un port érigé et buissonnant, qui se transforme avec le temps en petit arbre aux branches charpentées, tout en gardant une ramure assez dense pour servir de brise-vue persistant.
Son feuillage, vert foncé lustré, est composé de feuilles ovales, épaisses et coriaces, qui restent en place toute l’année. Comme beaucoup de camélias williamsii, la végétation est de croissance moyenne mais régulière : un sujet bien installé atteint sans peine 3 m de haut en une quinzaine d’années dans un sol profond et frais. Dans les collections spécialisées, certains sujets plus âgés approchent 3,5 à 4 m de hauteur avec une largeur proche de 3 m.
Ce cultivar se distingue particulièrement par ses fleurs semi-doubles de taille moyenne, d’un rose amarante vif qui s’éclaircit vers le centre, laissant apparaître un bouquet d’étamines dorées. Autre atout hérité des x williamsii : les fleurs fanées tombent d’elles‑mêmes au sol, ce qui garde le feuillage propre sans intervention, contrairement à de nombreux camélias du Japon traditionnels.
La floraison de 'Charles Colbert' est l’un de ses principaux attraits. Classée de mi-saison, elle intervient généralement de février à avril selon les régions et les années. Les boutons arrondis s’ouvrent en fleurs de taille moyenne, portées isolément ou par petits groupes sur le bois de l’année précédente.
La fleur adopte une forme semi-double : une à plusieurs rangées de pétales larges et légèrement incurvés entourent un cœur plus ou moins apparent d’étamines jaune doré. Sur certains sujets ou en début de floraison, la fleur peut sembler presque simple, tandis qu’en pleine saison, elle tend vers une semi-double plus pleine, avec des pétales incurvés vers l’intérieur qui donnent un aspect légèrement chiffonné.
Le coloris, décrit comme « amaranth rose », correspond à un rose soutenu, assez chaud, qui s’adoucit en vieillissant pour devenir plus clair au centre de la corolle. Ce dégradé, combiné au contraste des étamines dorées, donne une floraison très lumineuse même sous un ciel d’hiver. Sur un sujet adulte couvert de boutons, l’effet en haie ou en isolé est très décoratif dès la fin de l’hiver.
En climat approprié, le cultivar se montre généreux : de nombreuses pépinières signalent une floraison abondante, avec une bonne tenue des fleurs sur l’arbuste. Comme la plupart des x williamsii, les fleurs fanées tombent d’elles-mêmes sans brunir longtemps sur la plante, ce qui évite l’aspect « fleurs pourries » parfois reproché à certains camélias du Japon plus anciens.
'Charles Colbert' est un hybride de Camellia × williamsii obtenu en Australie par le professeur Eben Gowrie Waterhouse, grande figure de l’histoire du camélia au XXe siècle. Il s’agit d’un semis spontané issu de Camellia saluenensis, sélectionné dans son jardin d’Eryldene, à Gordon (Nouvelle-Galles du Sud). Le cultivar a été enregistré en 1959 dans le registre international des camélias.
La filiation de 'Charles Colbert' est donnée comme un croisement entre C. saluenensis et C. japonica, typique du groupe x williamsii. Ce groupe d’hybrides, apparu d’abord en Cornouailles dans les années 1920, est réputé pour sa meilleure rusticité, sa floribondité et son caractère autonettoyant. 'Charles Colbert' compte parmi les introductions australiennes qui ont accompagné la diffusion mondiale de ces camélias modernes.
Dans le jardin historique d’Eryldene, consacré à l’œuvre de Waterhouse, 'Charles Colbert' figure toujours parmi les cultivars emblématiques, aux côtés d’autres créations portant les noms de membres de sa famille. En Europe, il est aujourd’hui bien représenté dans plusieurs collections de référence et jardins botaniques spécialisés en camélias.
On plante le camélia 'Charles Colbert' de préférence en automne, de octobre à novembre, période qui permet aux racines de s’installer avant les chaleurs estivales. La plantation reste toutefois possible hors périodes de gel et de fortes chaleurs, à condition de soigner l’arrosage la première année.
Choisissez une exposition de mi-ombre lumineuse, à l’abri des vents froids et du soleil direct de la mi‑journée. Un emplacement à l’est ou au nord-est convient très bien, en particulier si les hivers sont marqués, car il limite le dégel brutal des boutons après une nuit froide. Évitez les sols calcaires : le pH idéal se situe autour de 4,5 à 6,5, dans une terre profonde, humifère, fraîche mais bien drainée.
Creusez un trou au moins deux fois plus large que la motte, légèrement plus profond que cette dernière. Ameublissez bien le fond et les parois, puis préparez un mélange de terre de bruyère de qualité avec la terre du jardin et un peu de compost très mûr, sans fumier frais. Placez la motte après l’avoir bien réhydratée, en veillant à ce que le collet affleure le niveau du sol, puis rebouchez avec le mélange, tassez et formez une cuvette d’arrosage. Terminez par un arrosage copieux et un paillage épais (écorces de pin, BRF de feuillus non calcaires…).
En haie, espacez les sujets d’environ 1 à 1,20 m pour une haie fleurie qui se referme en quelques années, tout en restant bien aérée. En isolé, laissez plutôt 2,5 à 3 m autour du pied pour que la silhouette puisse se développer pleinement.
La culture en pot est tout à fait possible pour le camélia 'Charles Colbert', à condition de lui offrir un contenant large et profond, percé au fond. Installez une couche drainante (billes d’argile, pouzzolane), puis remplissez avec un substrat de terre de bruyère mélangée à un terreau de feuilles ou un terreau pour plantes de terre de bruyère, aéré mais retenant bien l’humidité.
Placez le pot en situation abritée, contre un mur peu ensoleillé ou sous une ombre légère, en évitant le plein sud. Le collet doit rester juste au niveau du substrat. Arrosez régulièrement pour maintenir une fraîcheur constante sans eau stagnante dans la soucoupe. Un surfaçage annuel après la floraison avec un substrat neuf permet d’éviter les rempotages trop fréquents.
Le camélia 'Charles Colbert' n’a pas besoin d’être taillé pour bien fleurir, mais il supporte très bien les tailles légères après la floraison. On se limite généralement à supprimer le bois mort, les branches qui se croisent et quelques rameaux trop longs pour harmoniser la silhouette.
Sur des sujets âgés devenus trop encombrants, une taille de réduction peut être envisagée au printemps, juste après la floraison. Les camélias, y compris les x williamsii, repartent en général sur le vieux bois si l’on coupe au‑dessus de bourgeons bien visibles, mais la reprise est plus lente qu’après une simple taille d’éclaircie.
Les fleurs de 'Charles Colbert' apparaissent sur le bois de l’année précédente. Toute taille importante réalisée en été ou en automne supprime donc une partie des boutons à venir. Pour préserver la floraison, intervenez juste après la fin des fleurs, en mars ou avril selon le climat, en raccourcissant modérément les extrémités et en aérant l’intérieur de la ramure.
Vous pouvez également ôter manuellement les fleurs fanées proches de la maison ou d’une allée, même si ce cultivar a tendance à s’autonettoyer. Cette opération améliore l’aspect de l’arbuste et limite le risque de maladies sur les pétales en climat très humide.
En haie libre, le camélia 'Charles Colbert' offre un rideau persistant de 2 à 3 m de haut, fleuri de fin d’hiver au printemps. Espacez les plants de 1 à 1,20 m selon l’effet souhaité : plus serré pour une haie rapidement opaque, plus large pour une haie mixte associant d’autres arbustes de terre de bruyère. Une ou deux tailles légères, après floraison, suffisent pour contenir la largeur si nécessaire.
La première année, arrosez très régulièrement, surtout de mai à septembre : le sol doit rester frais mais jamais détrempé. Ensuite, un arrosage copieux en période sèche suffit en pleine terre, en surveillant particulièrement les semaines qui précèdent la floraison et la mise à fruits des boutons (fin d’hiver). Utilisez de préférence une eau peu calcaire.
En pot, le substrat doit rester uniformément humide, sans jamais sécher complètement. Un paillage de surface (écorces de pin, fibres de coco) limite l’évaporation. Apportez au printemps, juste après la floraison, un engrais spécifique « plantes de terre de bruyère » à libération progressive. En pleine terre, un apport annuel de compost bien mûr ou de fumure organique décomposée en périphérie du pied stimule la croissance sans brûler les racines.
Comme tous les camélias, 'Charles Colbert' peut souffrir de chlorose (feuillage jaune) si le sol est trop calcaire ou mal drainé. Un apport de terre de bruyère, de compost acide et éventuellement de chélates de fer corrige généralement le problème. Les boutons qui brunissent et tombent peuvent révéler soit un coup de gel, soit un excès ou un manque d’eau.
Les principaux ravageurs observés sont les pucerons et les cochenilles, qui laissent un miellat favorisant la fumagine noire sur les feuilles. Une surveillance régulière, des pulvérisations de savon noir ou d’huile végétale horticole en fin de printemps, et un bon équilibre hydrique limitent fortement ces attaques. En sol lourd et détrempé, des pourritures des racines (Phytophthora) peuvent apparaître : dans ce cas, il est indispensable d’améliorer le drainage et d’éviter les arrosages excessifs.
Un sujet bien enraciné supporte sans dommage des gels brefs jusqu’à environ −15 °C, mais les boutons et les fleurs peuvent être marqués dès −3 à −5 °C. Dans les régions aux hivers rigoureux ou en exposition ventée, prévoyez un paillage épais au pied et, lors des fortes gelées annoncées, un voile d’hivernage sur la ramure, en particulier pour les jeunes plantations et les cultures en pot.
Grâce à son feuillage persistant et à sa taille honorable, le camélia 'Charles Colbert' trouve sa place en isolé près de la maison, en fond de massif de terre de bruyère ou en haie libre fleurie. Dans les jardins de climat océanique ou semi-océanique, il forme une belle structure permanente qui se couvre de fleurs au cœur de l’hiver et au début du printemps.
Dans un massif, associez-le à des rhododendrons, pieris, skimmias, hydrangeas de type macrophylla et hellébores, qui partagent le même goût pour les sols acides et frais. Sa floraison rose soutenu contraste agréablement avec des camélias blancs ou bicolores, ou avec des feuillages panachés clairs.
Les jardiniers passionnés de terre de bruyère peuvent composer une scène dédiée aux camélias, en mélangeant différents cultivars de printemps et d’automne. Le catalogue Camellia de Ma Pépinière offre un large choix pour échelonner les floraisons du début de l’automne à la fin du printemps.
Pour prolonger la saison de floraison, mariez 'Charles Colbert' à un camélia d’automne comme le Maiden's blush rose clair, qui fleurit plus tôt dans la saison et apporte des fleurs simples délicates.
Pour jouer les contrastes de couleur au cœur du printemps, plantez à proximité un camélia blanc à grandes fleurs, par exemple le camélia du Japon 'Nuccio's Gem' blanc. Ajoutez des fougères persistantes et des hostas aux larges feuilles pour souligner le port buissonnant et le feuillage vernissé du camélia.
Au sein des camélias de printemps, 'Charles Colbert' se situe parmi les grands arbustes, avec une floraison semi-double rose soutenu de mi-saison. Comparé à un autre hybride x williamsii comme 'Debbie', proposé également sur le site, il produit des fleurs de taille plus modérée et une teinte moins rose vif, mais adopte un port tout aussi florifère et vigoureux.
Face à un camélia du Japon rouge comme 'Blood of China', il offre un coloris plus tendre et une capacité de floraison prolongée jusqu’en avril, tout en bénéficiant des qualités des x williamsii : meilleure rusticité, végétation plus vigoureuse et fleurs qui se nettoient d’elles‑mêmes. Choisissez 'Charles Colbert' si vous cherchez un grand arbuste persistant rose, capable de structurer le jardin tout en restant facile à vivre en climat doux.
Camelia 'Charles colbert' résiste jusqu’à −15 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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