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Le rosier ancien ‘Ghislaine de Féligonde’ est un grand buisson souple ou petit grimpant multiflore, réputé pour ses bouquets de petites roses abricot qui pâlissent en crème, sa capacité à fleurir à la mi-ombre et ses tiges presque dépourvues d’épines. Il atteint en général 2,5 à 3 m de hauteur pour 1,5 à 2 m de largeur, avec un feuillage caduc vert clair très sain. Très rustique (environ −15 °C) et tolérant sur la nature du sol, il offre une floraison remontante de juin à l’automne, légèrement parfumée, sans exiger une taille compliquée. Ce rosier convient aussi bien pour couvrir une arche, un mur ou une clôture que pour former un grand buisson libre, même dans un coin du jardin peu ensoleillé : un allié précieux si vous cherchez un rosier facile, généreux et doux en couleur.
Issu du travail du rosiériste français Eugène Turbat à Orléans en 1916, ‘Ghislaine de Féligonde’ appartient à la grande famille des hybrides de Rosa multiflora, à mi-chemin entre les rosiers multiflores et les rosiers musqués. Classé parmi les rosiers historiques, il s’est imposé dans de nombreux jardins européens pour son mélange rare de vigueur, de douceur de coloris et de facilité de culture.
La plante forme, selon la conduite que vous lui donnez, soit un grand buisson arrondi de 1,8 à 2 m en tous sens, soit un petit grimpant ou rambler atteignant 2,5 à 3 m, voire plus dans des conditions très favorables. Ses longues tiges souples, presque inermes, portent un feuillage caduc vert clair, dense et légèrement brillant, qui habille bien les structures sans paraître lourd. Le port naturellement arqué lui donne une allure très libre, parfaite pour des scènes de jardin un peu sauvages ou romantiques.
Ce rosier se distingue aussi par sa grande adaptabilité : il fleurit pleinement au soleil non brûlant mais accepte très bien la mi-ombre, voire un mur orienté au nord ou à l’est, où beaucoup d’autres rosiers peinent. Sa rusticité élevée et sa bonne résistance aux maladies en font un excellent choix pour la plupart des régions françaises, y compris là où les hivers sont froids en plaine.
La floraison de ‘Ghislaine de Féligonde’ est son grand atout : les fleurs apparaissent en très gros bouquets de 10 à 20, parfois davantage, couvrant les rameaux sur une grande longueur. Chaque fleur mesure environ 3 à 4 cm de diamètre, en forme de petite rosette en coupe, bien serrée de pétales mais suffisamment ouverte pour laisser apparaître les étamines en fin d’épanouissement.
Les boutons, d’un orange soutenu mêlé de jaune doré, s’ouvrent en fleurs jaune abricot chaud au cœur, plus claires vers le bord des pétales. En quelques jours, la teinte se dégrade en jaune crème, puis en ivoire presque blanc, parfois nuancé de rose tendre lorsque les températures sont plus fraîches. Sur un même bouquet, vous observez ainsi simultanément des boutons orangés, des fleurs abricot et d’autres crème, créant une nuée douce et changeante.
Le parfum est discret à moyennement présent, mais bien agréable au jardin : une senteur douce, légèrement sucrée, avec une touche musquée typique des rosiers multiflores. Placé près d’un passage, d’une terrasse ou d’une arche, ce rosier diffuse une fragrance légère sans être envahissante, surtout par temps doux et sec.
La floraison principale se produit en fin de printemps ou début d’été, en général en juin, et dure plusieurs semaines. Ensuite, la plante marque souvent une petite pause pendant les fortes chaleurs, surtout si le sol se dessèche, puis offre une remontée plus légère en fin d’été et en automne, fréquemment en septembre et octobre. Dans les jardins au sol bien paillé et arrosé en période sèche, quelques fleurs éparses peuvent apparaître tout au long de la belle saison.
En fin de saison, la floraison laisse parfois place à de petits cynorrhodons sphériques rouge orangé, discrets mais décoratifs sur le feuillage jauni, renforçant l’intérêt automnal de la plante.
‘Ghislaine de Féligonde’ a été obtenu en France par le rosiériste Eugène Turbat et introduit en 1916. Il est issu du croisement du multiflore ‘Goldfinch’ avec un semis non nommé, ce qui explique son port souple, sa floraison en énormes bouquets et ses coloris jaunes changeant en crème hérités des rosiers multiflores.
Son nom rend hommage à Ghislaine de Féligonde, fille d’une famille amie du paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier, proche de Turbat, qui aurait proposé ce nom au moment de la présentation du rosier. Exposé au Concours international de roses nouvelles de Bagatelle en 1916, il y obtient un Certificat de Mérite, reconnaissant dès l’origine ses qualités ornementales au jardin.
Plus récemment, ‘Ghislaine de Féligonde’ a reçu l’Award of Garden Merit (AGM) de la Royal Horticultural Society, qui distingue les plantes éprouvées, fiables et décoratives en conditions de jardin. Plus d’un siècle après sa création, il reste l’un des hybrides de multiflora les plus plantés, et a même servi de parent à de nouvelles variétés, preuve de sa valeur horticole.
La meilleure période pour planter ce rosier se situe à l’automne, d’octobre à novembre, afin de favoriser un bon enracinement avant l’été suivant. Les plantations de fin d’hiver et de début de printemps, de février à mars, donnent également de bons résultats, en particulier pour les sujets en pot. Évitez simplement les périodes de gel intense ou de forte chaleur.
Choisissez un emplacement au soleil doux ou à la mi-ombre lumineuse. ‘Ghislaine de Féligonde’ supporte des situations assez ombragées, mais la floraison sera plus abondante avec quelques heures de soleil par jour. Il apprécie les sols profonds, bien travaillés, riches en matière organique, frais mais correctement drainés. Il tolère assez bien les terres un peu pauvres ou qui sèchent en été, à condition de pailler et d’arroser en cas de sécheresse prolongée.
Creusez un trou au moins deux fois plus large que la motte, ameublissez le fond et mélangez la terre extraite avec du compost mûr ou un engrais organique pour rosiers. Placez le point de greffe légèrement sous le niveau du sol (2 à 3 cm), rebouchez en tassant progressivement, puis arrosez abondamment pour chasser les poches d’air. En situation grimpante, prévoyez directement un support solide (treillage, arche, poteaux, clôture) et orientez les jeunes tiges en éventail.
En isolé ou en grand buisson, espacez les plants de 1,5 à 2 m. Pour créer une haie libre fleurie, comptez 1,2 à 1,5 m entre chaque rosier, en alternant éventuellement avec d’autres arbustes à floraison décalée.
Ce rosier peut se cultiver dans un grand bac de 40 à 50 L minimum, profond et bien drainé, notamment sur une terrasse ou un patio abrité. Utilisez un substrat riche et léger (terre de jardin non calcaire bien structurée, complétée de compost et de terreau pour rosiers) et assurez une couche drainante au fond du pot. Installez un treillage ou un petit portique pour guider les tiges, et surveillez de près l’arrosage : en pot, la motte ne doit pas sécher complètement. Un apport d’engrais organique ou d’engrais spécial rosiers deux à trois fois par an est alors nécessaire pour soutenir la remontée de floraison.
Oui, mais la taille reste assez simple et modérée : ce rosier supporte bien les tailles légères, tandis que des rabattages trop sévères réduisent sa floraison. Si vous le laissez presque libre, il conservera un port un peu sauvage, tout en restant florifère.
Chaque année, commencez par éliminer le bois mort, malade ou cassé, ainsi que les branches qui se croisent et frottent entre elles. Supprimez à la base, tous les 3 à 4 ans, une ou deux très vieilles tiges pour favoriser le renouvellement par de jeunes rameaux vigoureux. Sur les formes grimpantes, conservez quelques charpentières principales bien réparties et attachez-les solidement sur le support.
‘Ghislaine de Féligonde’ fleurit principalement sur les pousses secondaires nées sur le bois âgé d’un ou deux ans. Pour ne pas compromettre la floraison, intervenez de préférence en fin d’hiver (février-mars) ou juste après la grande vague de fleurs de juin.
Sur un sujet conduit en grimpant, raccourcissez les rameaux latéraux à 3 ou 4 yeux depuis la base, tout en préservant la longueur des tiges charpentières. Après la première floraison, vous pouvez également supprimer une partie des bouquets fanés et quelques vieilles pousses peu productives, ce qui favorisera la remontée d’automne et limitera l’accumulation de fleurs fanées brunissant sous la pluie. Sur un grand buisson libre, contentez-vous de légers raccourcissages pour maintenir la plante dans le volume souhaité.
En haie libre, ce rosier forme un écran souple et fleuri de 1,8 à 2,5 m de haut, sans offrir une occultation totale en hiver, puisque son feuillage est caduc. Plantez-le tous les 1,2 à 1,5 m, en alternance éventuelle avec des arbustes de printemps (lilas, seringats, viornes) pour étaler les floraisons. La taille se limite à un éclaircissage après la première floraison et, si nécessaire, à un léger rabattage des rameaux trop avancés vers le chemin.
Les deux premières années, arrosez régulièrement en période sèche : un arrosage copieux par semaine en sol frais, deux en cas de forte chaleur ou de sol très drainant, en laissant le sol légèrement sécher entre deux apports. Ensuite, un rosier bien enraciné se contente souvent des pluies, avec des arrosages de secours lors des épisodes de canicule prolongée.
En pleine terre, apportez au pied, en fin d’hiver (février-mars), une bonne pelletée de compost mûr ou de fumier bien décomposé, complétée si besoin par un engrais organique spécial rosiers. En pot, réduisez la dose mais fertilisez plus fréquemment (environ tous les deux mois de mars à juillet) et surveillez encore plus l’humidité du substrat.
Dans de bonnes conditions culturales (sol ni trop sec, ni asphyxiant, emplacement aéré sans courant d’air brûlant), ‘Ghislaine de Féligonde’ montre une bonne santé générale. Il peut toutefois présenter des symptômes de marsonia (taches noires) ou d’oïdium en été sec, surtout lorsqu’il est plaqué contre un mur très chaud. Un paillage organique, des arrosages réguliers au pied et une bonne circulation de l’air limitent ces problèmes.
Comme tous les rosiers, il peut être visité par les pucerons au printemps ou par les chenilles de tenthrèdes. Une surveillance régulière et des interventions douces (jet d’eau, savon noir, introduction de coccinelles) suffisent le plus souvent à garder la plante en bon état sans recourir à des traitements lourds.
Dans la majorité des régions françaises, ce rosier passe l’hiver sans protection particulière. En climat très froid ou en sol lourd, il est prudent de butter le point de greffe avec une butte de terre ou de compost léger de mi-novembre à fin mars, surtout les premières années. En pot, placez le contenant contre un mur abrité et isolez-le éventuellement avec un matériau isolant pour protéger les racines.
Polyvalent, ‘Ghislaine de Féligonde’ se prête à de nombreux usages. Conduit en petit grimpant, il habille avec grâce un mur, une clôture grillagée, une arche ou une pergola, sans devenir envahissant comme certaines lianes géantes. En grand buisson, il structure un massif ou un coin du jardin qu’il illumine de ses teintes abricot puis crème, même lorsque l’ensoleillement est limité.
Sa bonne tolérance à la mi-ombre permet de le planter au pied d’un vieil arbre, le long d’un mur orienté au nord ou à l’est, ou encore à proximité de la maison où le soleil est filtré une partie de la journée. Il trouve naturellement sa place dans les jardins de style campagne, les mixed-borders à l’anglaise, les haies libres fleuries et les scènes romantiques. Dans une collection de rosiers buissons, il joue le rôle de grand sujet de fond, très souple d’utilisation.
Pour souligner ses teintes pastel, associez ce rosier à des clématites à grandes fleurs bleues ou mauves, qui se faufileront entre ses rameaux sans le dominer. Au pied, des géraniums vivaces bleus ou roses, des nepeta (cataire) et des lavandes prolongent la floraison et couvrent la base parfois un peu dénudée avec le temps.
Dans une haie libre, il se marie très bien avec les lilas, seringats, viornes et rosiers arbustifs à floraison plus tardive ou plus colorée. Pour un accord d’esprit ancien, vous pouvez le combiner avec un autre rosier liane clair comme le rosier ‘Alberic barbier’, plus vigoureux mais non remontant : ‘Ghislaine’ apportera alors la touche refleurissante et plus compacte de l’ensemble.
Si vous hésitez entre ‘Ghislaine de Féligonde’ et un grand rosier liane classique comme ‘Alberic Barbier’, gardez en tête que ‘Ghislaine’ reste plus modéré (2,5 à 3 m environ) et surtout remontant, avec une seconde vague de floraison en fin d’été, alors que ‘Alberic Barbier’ peut dépasser largement 5 m et fleurit surtout au printemps. Pour un petit jardin ou une structure de taille moyenne qui ne doit pas être submergée, ‘Ghislaine de Féligonde’ est souvent le choix le plus raisonnable, tout en offrant des couleurs changeantes très douces et une bonne tolérance à la mi-ombre.
Rosier 'Ghislaine de feligonde ' résiste jusqu’à −15 °C : plantation en pleine terre dans toute la France métropolitaine.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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