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Le camélia 'Mary Williams rouge' est une sélection de Camellia reticulata réputée pour ses immenses fleurs simples rose rouge, en forme de soucoupe, qui illuminent la fin de l’hiver et le début du printemps. Cet arbuste persistant forme un buisson dressé atteignant environ 2,5 à 3 m de haut pour 1,5 à 2 m de large en 15 à 20 ans, en climat doux. Rustique jusqu’aux environs de −5 °C en situation abritée, il apprécie la mi-ombre et un sol acide, frais mais bien drainé. Peu exigeant une fois installé, il convient aux jardins de terre de bruyère, aux scènes de sous-bois lumineux et même à une grande potée sur terrasse abritée. Ses grandes fleurs apportent une vraie présence au jardin lorsque peu d’arbustes sont en fleurs.
Botaniquement, le camélia 'Mary Williams rouge' correspond au cultivar Camellia reticulata 'Mary Williams', issu de semis de camélia réticulé d’origine chinoise. Il forme un arbuste persistant au port vertical, relativement compact pour un reticulata, avec des ramures ouvertes qui laissent bien voir la floraison. À maturité, il atteint en général 2,5 à 3 m de hauteur pour environ 2 m d’envergure en climat océanique ou littoral abrité, ce qui en fait un grand arbuste plutôt qu’un véritable arbre.
Son feuillage, typique des camélias réticulés, est constitué de grandes feuilles épaisses, elliptiques, vert foncé lustré au-dessus, plus claires au revers. Les nervures sont nettement marquées, donnant cet aspect « réticulé » qui a valu son nom à l’espèce. Ces feuilles persistantes assurent un écran décoratif toute l’année, y compris en hiver lorsque beaucoup d’arbustes sont nus.
Ce cultivar se distingue des camélias du Japon classiques par des fleurs nettement plus grandes, une forme simple très épurée et une rusticité un peu moindre. Par rapport à d’autres réticulata aux fleurs très doubles, 'Mary Williams' offre une fleur simple, élégante, qui met en valeur un bouquet d’étamines jaune citron, et une silhouette moins volumineuse que certains vieux clones de l’espèce.
La grande force de cette variété est sa floraison généreuse, parmi les plus imposantes chez les camélias. Les fleurs simples, en forme de soucoupe, dépassent souvent 12 cm de diamètre et se composent de 6 à 8 pétales larges, ovales, profondément échancrés à l’extrémité. Leur coloris va du rose soutenu au rose rouge, plus chaud que celui de nombreux camélias du Japon, ce qui justifie l’appellation commerciale « rouge ».
Au centre, un petit bouquet d’étamines jaune citron forme un contraste lumineux avec la corolle rose. La simplicité de la fleur met ces étamines bien en valeur, à la différence des variétés très doubles où elles sont cachées. La floraison intervient généralement de mars à avril sous nos climats, plutôt mi-saison pour les camélias : dans les régions littorales douces, les premières fleurs peuvent s’ouvrir dès la fin de l’hiver, alors qu’en climat plus frais elles se concentrent sur le printemps.
Les fleurs sont portées isolément sur le bois de l’année précédente, bien mises en scène par le feuillage sombre. Comme chez de nombreux camélias, les fleurs fanent en tombant presque entières, ce qui laisse l’arbuste net sans besoin de les retirer à la main. Les pétales, assez épais, supportent correctement la pluie, mais les boutons peuvent être marqués par les gels tardifs si la plante est exposée au soleil levant.
La silhouette de 'Mary Williams' évolue avec le temps : jeune, l’arbuste reste assez étroit et dressé ; en vieillissant il développe des branches charpentées épaisses et peut prendre l’allure d’un petit arbre multi-troncs, particulièrement décoratif dans un jardin de collection ou de sous-bois. Sa stature intermédiaire, plus modérée que celle de certains réticulata pouvant devenir de grands arbres, convient bien aux jardins de taille moyenne.
'Mary Williams' est issu de semis de Camellia reticulata récoltés en 1924 dans le Yunnan (Chine) par l’explorateur botaniste George Forrest. Les graines furent envoyées au domaine de Caerhays Castle, en Cornouailles (Angleterre), où plusieurs formes furent sélectionnées, dont 'Mary Williams' et 'Trewithen Pink'.
La variété a été nommée en l’honneur de Mary Williams, de la famille propriétaire de Caerhays, grande dynastie de collectionneurs de camélias. En 1942, elle est décrite dans la presse horticole britannique comme la plus belle forme issue de cette collecte, et reçoit alors un Award of Merit de la Royal Horticultural Society. En 1964, la RHS lui décerne également un prestigieux First Class Certificate, consacrant son intérêt ornemental durable.
Depuis, ce camélia réticulé fait partie des variétés de référence dans les jardins de camélias britanniques et galiciens, où des sujets âgés atteignent plusieurs mètres de hauteur. Son introduction plus récente dans les jardins français en fait encore une plante de connaisseurs, recherchée par les amateurs de camélias « de collection ».
La meilleure période pour planter ce camélia se situe de l’automne (octobre-novembre) au tout début du printemps (mars-avril), hors périodes de gel intense ou de canicule. La plantation automnale, en sol encore chaud, favorise un bon enracinement avant l’été suivant.
Choisissez une exposition de mi-ombre à ombre claire : façade nord ou nord-ouest, lisière de sous-bois, ou mur est légèrement ombragé. Évitez le plein soleil brûlant et surtout le soleil direct du matin en hiver et début de printemps, qui peut endommager les boutons après une nuit de gel. Le sol doit être acide à neutre, léger à limono-sableux, riche en humus, restant frais l’été mais parfaitement drainé.
Préparez un trou large, au moins deux fois le volume de la motte, en mélangeant la terre extraite avec de la terre de bruyère ou un bon terreau pour plantes acidophiles. Placez la motte de façon à ce que le haut soit au niveau du sol fini, sans enterrer le collet. Arrosez très abondamment après plantation, puis paillez avec 5 à 8 cm d’écorces de pin pour garder la fraîcheur et limiter les adventices.
En isolé ou en massif, prévoyez 2,5 à 3 m de dégagement autour de la plante pour lui laisser former son volume à maturité. En haie libre mélangée, un espacement de 1,5 à 2 m entre sujets permet d’obtenir un écran continu en quelques années.
Ce camélia se cultive aussi en grand bac, à condition de lui offrir un contenant généreux (au moins 50 à 70 litres pour un sujet déjà bien développé) rempli d’un substrat de terre de bruyère de qualité, drainé par une couche de billes d’argile ou de graviers au fond. Placez le pot dans un endroit semi-ombragé, à l’abri des vents desséchants. Surveillez l’arrosage de près : en pot, le substrat ne doit jamais sécher complètement, mais l’eau ne doit pas stagner dans la soucoupe.
Ce camélia supporte bien les tailles légères, mais n’en a pas besoin chaque année. L’entretien se limite en général à supprimer le bois mort, les branches qui se croisent et à rééquilibrer la silhouette juste après la floraison, au printemps. Une taille trop tardive dans la saison risque de supprimer les boutons de l’année suivante. En haie, laissez-le en port libre dans un écran fleuri de terre de bruyère, en le taillant légèrement après floraison pour contenir la largeur.
La floraison se produit sur le bois formé l’année précédente. Pour préserver les boutons, intervenez dans les semaines qui suivent la fin de la floraison, en raccourcissant légèrement les extrémités disgracieuses et en éclaircissant l’intérieur de l’arbuste. Sur un sujet très âgé ou dégarni, une taille de rajeunissement peut être envisagée au printemps, en rabattant certaines branches à 30–50 cm du tronc ; l’arbuste repart généralement, mais il peut mettre deux à trois ans à retrouver une floraison abondante.
Les deux premières années, arrosez régulièrement dès que le sol commence à sécher en surface, en apportant une grande quantité d’eau à chaque fois plutôt que de petits arrosages fréquents. En climat sec ou en été chaud, un arrosage profond tous les 7 à 10 jours est souvent nécessaire pour maintenir le sol frais. Une fois bien enraciné, l’arbuste devient plus tolérant, mais un bon arrosage en période de sécheresse estivale limite la chute de boutons.
Apportez chaque année, juste après la floraison (printemps), un engrais organique ou un fertilisant spécifique « plantes de terre de bruyère », en respectant les doses recommandées. Un second apport léger en début d’été peut être utile sur sols pauvres. Évitez de fertiliser après la mi-été, pour ne pas stimuler un feuillage tardif qui entrerait mal en dormance avant l’hiver.
Comme les autres camélias, cette variété peut être visitée par les pucerons, les cochenilles et les otiorhynques (charançon de la vigne), notamment en pot. Une surveillance régulière du feuillage, l’écrasement manuel des insectes et, si besoin, des traitements doux (savon noir, huile blanche en hiver) suffisent le plus souvent. Sur sol mal drainé, un excès d’humidité peut entraîner une pourriture racinaire (Phytophthora), d’où l’importance d’un drainage soigné.
Les fleurs peuvent être touchées par la brûlure des pétales de camélia (petal blight), qui provoque des taches brunes et un pourrissement rapide des corolles. Ramassez et éliminez les fleurs atteintes pour limiter l’extension. Des galles foliaires blanches ou vert pâle peuvent apparaître au printemps sur quelques feuilles : il s’agit généralement de la galle du camélia, bénigne mais inesthétique, qu’on maîtrise en supprimant les feuilles atteintes.
En pleine terre, réservez ce camélia aux régions à hivers doux (façade atlantique, Bretagne, Pays basque, littoral méditerranéen abrité) ou plantez-le contre un mur protecteur au sud-ouest ou à l’ouest. Un épais paillage au pied en fin d’automne protège les racines superficielles. En pot ou en climat plus froid, placez la plante à l’abri des vents froids, contre un mur ou sous un auvent, et enveloppez le contenant d’un isolant (voile d’hivernage, carton, paille) en cas de gel annoncé sous −5 °C.
'Mary Williams rouge' trouve naturellement sa place dans un jardin de terre de bruyère ou un massif d’ombre claire, en sujet isolé ou en petit groupe de 2 ou 3 plants. Sa floraison très généreuse en fait un excellent point focal près d’une allée, d’une entrée ou d’une terrasse abritée, où l’on profite de ses grandes fleurs à hauteur de regard.
Grâce à son feuillage persistant, il peut aussi servir d’écran décoratif pour masquer un vis-à-vis, une clôture ou le fond d’un jardin, à condition de le laisser pousser en port libre. En climat doux, il constitue un beau petit arbre de sous-bois, associé à d’autres arbustes d’ombre comme les rhododendrons, pieris, érables du Japon ou hortensias. La culture en grand pot permet de l’installer sur une terrasse ombragée ou dans un patio protégé.
Pour découvrir d’autres variétés de cette famille, vous pouvez parcourir la catégorie Camellia et composer un véritable jardin de camélias échelonnant les floraisons de l’automne au printemps.
Ce grand camélia se marie très bien avec des camélias d’automne, qui prennent le relais de la floraison. Par exemple, le camélia d’automne 'Yuletide rouge' offre des fleurs rouges simples et parfumées d’octobre à décembre, sur les mêmes sols acides et en mi-ombre.
Pour prolonger les floraisons printanières, associez-le à des camélias à fleurs doubles comme le camélia 'Debbie', aux grandes fleurs rose soutenu en forme de pivoine, plus rustique et vigoureux. Des fougères, hostas, heuchères et quelques graminées d’ombre (Hakonechloa, Carex) complètent harmonieusement ces scènes de sous-bois, en apportant texture et feuillages décoratifs durant l’été.
Choisissez 'Mary Williams rouge' si vous recherchez un camélia de collection, aux grandes fleurs simples de plus de 12 cm, dans un jardin de climat doux où les gels forts sont rares. Il conviendra particulièrement pour créer un point focal architectural, en sujet isolé ou en grand pot abrité.
Si votre jardin connaît des hivers plus rigoureux (jusqu’à −10 à −15 °C), tournez-vous plutôt vers un hybride plus rustique comme le camélia 'Debbie', qui supporte mieux le froid et offre aussi une floraison généreuse, mais avec des fleurs doubles rose vif et un aspect d’arbuste plus touffu. Pour une floraison plus précoce, en plein cœur de l’automne, privilégiez au contraire un camélia sasanqua comme 'Yuletide rouge', plus adapté à la taille en haie libre et aux jardins où l’on souhaite des fleurs dès octobre.
Camélia 'Mary williams rouge' résiste jusqu’à −5 °C : en pleine terre dans 9 départements, avec une protection hivernale dans 18 départements et en pot dans 69 départements.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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