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La menthe en arbre, Rostrinucula dependens, est un petit arbuste caduc de Chine, étonnant par ses longs épis retombants rose mauve qui apparaissent de la fin de l’été jusqu’en octobre. Haut de 1,5 à 2 m pour une envergure voisine, il forme une touffe souple aux tiges arquées et au feuillage aromatique rappelant celui des buddleias. Rustique jusqu’à environ −10 °C en sol drainé, il apprécie une exposition au soleil ou à la mi-ombre, dans une terre fertile et bien travaillée. Peu sujet aux maladies, il demande surtout un bon paillage et quelques arrosages en été. C’est une excellente plante pour apporter couleur, nectar et mouvement au jardin en fin de saison, y compris dans un grand pot.
Originaire des collines du centre et du sud-ouest de la Chine, Rostrinucula dependens appartient à la famille des Lamiacées, celle des menthes et des sauges. Le genre ne compte que deux espèces, et en culture en France on rencontre presque exclusivement cette menthe en arbre. On la trouve parfois sous ses anciens noms botaniques Elsholtzia dependens ou Comanthosphace dependens, mais aussi sous les noms vernaculaires de buddleia pleureur, buddleia cascade ou purple plume.
Ce petit arbuste forme un buisson érigé, arqué et souple, dont les nombreuses tiges quadrangulaires partent de la souche, à la manière de certains buddleias. Juvéniles, elles sont vertes et pubescentes, puis prennent des teintes pourprées avant de devenir grisâtres, presque blanches et finement fissurées avec l’âge, ce qui donne de l’intérêt à la plante même en hiver, lorsque le feuillage est tombé.
Les feuilles, caduques, mesurent en général 4 à 9 cm de long pour 1,5 à 4 cm de large. Elles sont oblongues à obovales, opposées, légèrement gaufrées, vert bleuté sur le dessus et vert gris duveteux au revers. Froissées entre les doigts, elles dégagent une odeur aromatique qui a valu à l’espèce son nom français de menthe en arbre, même si elle n’appartient pas au genre Mentha. Le feuillage disparaît en hiver, la plante repartant de la base au printemps, parfois comme une vivace de souche dans les régions plus froides.
À maturité, en climat tempéré doux, la menthe en arbre atteint généralement 1,5 à 2 m de hauteur pour 1,5 à 2 m de largeur, selon la richesse du sol et la vigueur de la souche. Sa croissance est plutôt rapide, et elle atteint sa taille adulte en deux à cinq ans lorsque les conditions lui conviennent.
La menthe en arbre est surtout recherchée pour sa floraison tardive, qui intervient lorsque beaucoup d’arbustes ont déjà terminé leur saison. De la fin de l’été jusqu’en octobre, parfois jusqu’aux premières gelées, les extrémités des rameaux de l’année se garnissent de longs épis cylindriques retombants, souvent ramifiés, pouvant atteindre une vingtaine de centimètres. D’abord couverts de bractées gris feutré, ils se parent progressivement de centaines de petites fleurs rose mauve, lavande ou lilas, dont les étamines saillantes donnent un aspect duveteux très original.
Cette floraison se renouvelle plusieurs semaines de suite, les fleurs s’ouvrant progressivement du haut vers le bas de l’épi. Vue de loin, la plante évoque une petite cascade de fleurs roses, rappelant les buddleias mais en version plus compacte et plus souple. Le contraste entre les bractées grisâtres, les fleurs mauves et le feuillage vert bleuté est particulièrement décoratif dans la lumière plus rasante de la fin d’été.
Bien que les fleurs ne soient pas réputées très parfumées, la plante est précieuse pour les insectes. Les épis riches en nectar attirent abeilles sauvages, abeilles domestiques et nombreux papillons tardifs, à un moment de l’année où les ressources se raréfient. Le feuillage, lui, est discrètement aromatique lorsque l’on froisse les feuilles entre les doigts, avec des notes évoquant la menthe ou les lamiacées méditerranéennes.
Rostrinucula dependens a été décrite au début du XXᵉ siècle à partir de plantes collectées dans les montagnes de Chine, d’abord sous le nom Elsholtzia dependens, puis rattachée au genre Rostrinucula en 1929. Elle pousse dans la nature sur des pentes rocailleuses ou des lisières arbustives entre 600 et 2 500 m d’altitude, dans plusieurs provinces du centre et du sud-ouest du pays.
L’espèce est restée longtemps très confidentielle en culture. Elle n’a été introduite en Europe occidentale que dans les années 1980, à partir de collectes chinoises, puis peu à peu diffusée par quelques jardins botaniques et pépinières spécialisées. C’est cette rareté et son allure exotique qui lui valent souvent le surnom de « plante à effet WHATZAT » dans les jardins d’essais anglo-saxons, tant elle suscite les questions en automne.
À noter que le nom vernaculaire « menthe en arbre » est aussi employé en France pour un autre arbuste de Lamiacées, Elsholtzia stauntonii. Sur cette fiche, il désigne bien Rostrinucula dependens, reconnaissable à ses longs épis retombants (et non dressés) et à son port plus souple et pleureur.
La meilleure période pour planter la menthe en arbre se situe de mars à juin, ou en septembre lorsque le sol est encore chaud. En climat doux, on peut planter tout l’automne hors période de gel. Travaillez la terre en profondeur en incorporant du compost mûr ou du terreau de feuilles et, si votre sol est lourd, un peu de sable grossier ou de gravier pour améliorer le drainage.
Installez la plante de préférence dans un emplacement abrité des vents froids, au soleil du matin ou du soir, ou à mi-ombre lumineuse dans les régions les plus chaudes. La menthe en arbre supporte bien le plein soleil dans le nord et l’ouest de la France, à condition que le sol reste un minimum frais en été. En sol très caillouteux ou filtrant, un paillage organique limitera l’évaporation.
Comptez environ 1 m entre deux sujets pour laisser à chaque arbuste la place de développer sa silhouette arquée. En massif, accompagnez-la de vivaces ou de petits arbustes qui masquent la base en hiver, lorsque la plante est rabattue ou défeuillée. Après la plantation, arrosez abondamment puis régulièrement pendant toute la première saison de croissance.
La culture en pot est particulièrement intéressante dans les régions aux hivers rigoureux, car elle permet de mettre la souche à l’abri lors des fortes gelées. Choisissez un grand bac profond, muni de trous de drainage, et remplissez-le d’un mélange léger : terre de jardin non calcaire, terreau horticole et un peu de compost bien décomposé, complétés par une couche de drainage au fond (billes d’argile, graviers…).
Placez le pot au soleil ou à la mi-ombre contre un mur abrité. Surveillez davantage l’arrosage qu’en pleine terre : le substrat doit rester légèrement frais en été mais sécher en surface entre deux apports. En hiver, mettez le contenant contre un mur, sur cales, et protégez la souche par un paillage épais ; dans les régions les plus froides, un hivernage hors gel (serre froide, véranda non chauffée) sécurise la plante.
Oui, une taille régulière maintient la silhouette souple et favorise la floraison, d’autant plus que la plante fleurit sur les pousses de l’année. Sans taille, elle tend à se dégarnir de la base et à produire des rameaux plus longs mais moins florifères. La menthe en arbre supporte bien les tailles assez sévères, surtout lorsqu’elle se comporte comme une vivace de souche après un hiver froid.
Les fleurs apparaissent à l’extrémité des rameaux de l’année, de la fin de l’été à l’automne. Pour ne pas compromettre la floraison, intervenez en fin d’hiver, de préférence entre février et mars, lorsque les risques de fortes gelées diminuent. Rabattez alors les tiges de l’année précédente à 20–40 cm du sol ou jusqu’à une charpente bien établie, en éliminant les rameaux les plus vieux ou abîmés.
En climat doux, une légère taille de nettoyage juste après la floraison (suppression des épis fanés et raccourcissement des extrémités) permet de garder un port net. Dans les régions où la plante gèle partiellement, le froid joue souvent ce rôle : on se contente alors au printemps de couper le bois mort jusqu’aux parties saines qui repartent de la base.
La menthe en arbre peut constituer une petite haie libre de 1,5 à 2 m de haut dans les jardins de climat doux ou en situation bien abritée. Espacez les plants d’environ 1 m pour former un rideau léger, très fleuri en fin de saison, en alternance avec d’autres arbustes caducs ou persistants. Évitez en revanche les tailles de haie strictes répétées : cet arbuste exprime mieux sa floraison sur des rameaux souples, non taillés au cordeau.
La première année, arrosez régulièrement de mars à octobre, en particulier par temps chaud et sec, afin de maintenir le sol frais sans excès d’eau. Une fois bien enracinée, la menthe en arbre tolère des périodes de sécheresse modérée, surtout en sol profond, mais donne le meilleur d’elle-même si le sol ne se dessèche pas complètement en été.
Un apport annuel de compost ou de fumier bien décomposé au printemps, incorporé en surface, suffit généralement. Évitez les engrais trop riches en azote qui favoriseraient des rameaux mous au détriment de la floraison. En pot, apportez un engrais organique pour arbustes une à deux fois entre avril et juin.
La menthe en arbre est réputée très saine : aucune maladie ou ravageur spécifique n’est signalé en culture courante. Les problèmes rencontrés proviennent le plus souvent d’un sol trop lourd et gorgé d’eau en hiver (risque de pourriture de souche) ou d’un manque d’arrosage en pot en été. Un bon drainage, un paillage organique et une surveillance régulière suffisent en général à la maintenir en pleine forme.
En dessous d’environ −5 °C, les parties aériennes peuvent être endommagées. En pleine terre, un épais paillage au pied à l’automne (feuilles mortes, broyat, compost mûr) protège la souche et améliore la rusticité. En climat continental ou en zone exposée au vent froid, choisissez un emplacement bien abrité, voire une culture en grand pot déplacé à l’abri des fortes gelées.
Grâce à sa floraison tardive et à son port gracile, la menthe en arbre trouve naturellement sa place dans les massifs d’arbustes et de vivaces, en lisière de haie libre ou en sujet isolé près d’un passage, où l’on profite bien de ses longues inflorescences retombantes. Son gabarit modéré convient aux petits jardins comme aux cours urbaines abritées.
En climat doux, elle s’intègre bien dans des scènes d’inspiration naturelle, mêlée à des graminées et à d’autres arbustes à floraison estivale ou automnale. Dans les régions plus froides, la culture en grand pot permet de la placer sur une terrasse ou près d’un mur ensoleillé et de la mettre à l’abri lors des épisodes de gel durable. Elle complète joliment une collection d’arbustes originaux de la gamme des autres arbustes.
Pour prolonger l’intérêt du massif sur plusieurs saisons, associez la menthe en arbre à des arbustes qui prennent le relais à d’autres périodes. Un Stachyurus précoce apportera par exemple une floraison en grappes pendantes à la fin de l’hiver, en écho aux inflorescences retombantes de Rostrinucula en automne. Une sauge de Jérusalem offrira, elle, des touffes persistantes et une floraison jaune en début d’été, appréciant comme lui les sols drainés et les expositions chaudes.
Vous pouvez aussi marier la menthe en arbre à des asters, des échinacées, des gaura ou des graminées légères (miscanthus, stipa) qui structurent la scène tout en servant d’écrin à ses épis roses. Évitez simplement de l’installer au milieu d’arbustes beaucoup plus vigoureux qui risqueraient de l’étouffer et de masquer sa silhouette gracile.
Menthe en arbre résiste jusqu’à −10 °C : en pleine terre dans 64 départements, avec une protection hivernale dans 24 départements et en pot dans 8 départements.
Protection hivernale : voile d’hivernage et paillage (gain d’environ 3 °C). Carte indicative par département — hors microclimats, altitude et exposition.
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